L'EI pourrait aisément utiliser Ebola comme arme biologique

"La Peste", tableau de cire en relief de Gaetano Zumbo (1656-1701), Florence, Museo della Specola. A droite de la scène, le « monatto », le nettoyeur de rues, progresse parmi les cadavres en décomposition, le nez protégé tant bien que mal par une bande de tissu.
"La Peste", tableau de cire en relief de Gaetano Zumbo (1656-1701), Florence, Museo della Specola. A droite de la scène, le « monatto », le nettoyeur de rues, progresse parmi les cadavres en décomposition, le nez protégé tant bien que mal par une bande de tissu. - © Tous droits réservés

Un expert américain de la guerre chimique et biologique, Al Shimkus, professeur au U.S. Naval War College, a déclaré au magazine Forbes qu’il se pourrait bien que le groupe terroriste EI envisage d’utiliser le virus Ebola comme arme biologique "low cost".

Les terroristes n’auraient même pas à abriquer une arme spéciale et pourrait simplement utiliser des humains comme vecteurs de transmission. Une part importante de l’Afrique de l’Ouest est actuellement dans une situation épidémique. Il ne serait guère difficile pour les terroristes d’y faire incursion, de récupérer quelques fluides corporels infectés et de les utiliser ailleurs à un autre moment. Pire, selon le professeur, ils n’auraient même pas besoin d’isoler le virus : une demi-douzaines de kamikazes n’auraient qu’à se contaminer eux-mêmes dans une région ravagée par Ebola et ensuite d’intergair avec un maximum de personnes dans la pays et la ville-cible de leur choix.

Al Shimkus rappelle que l’idée de répandre des germes pathogènes mortels est vieille comme le monde : en Europe, au Moyen âge, les adversaires envoyaient des cadavres infectés par-dessus les remparts pour répandre la peste bubonique dans les rangs ennemis. Cette pratique serait à l'origine de la peste noire qui décima entre un tiers et la moitié (25 millions de morts) de la population européenne entre 1347 et 1352 : en 1344 les Mongols assiégeaient la ville de Caffa (Crimée), défendue par les Génois. Après 3 ans de siège infructueux, la peste fit son apparition dans les rangs mongols. Les assiégeants n'hésitèrent pas à catapulter des victimes décédées par dessus les murailles, confiant aux puces, vecteurs du bacille Yersinia pestis, le soin de livrer bataille à leur place. Les Génois contaminés s'enfuirent en disséminant la maladie en Sicile, en Sardaigne, à Venise, à Gênes et à Marseille. Le reste de l'Europe ne tarda pas à suivre.

Ce scénario n'est plus possible aujourd'hui

Selon l’expert, la probabilité de repérer des terroristes infectés à l’entrée d’un pays est excellente mais elle n'est pas de 100%. Et il assure que le virus ne se répandrait pas de façon exponentielle dans les pays occidentaux, où les systèmes de santé évolués permettraient d’identifier, d’isoler et de stopper le virus.

Pour un autre expert en relations internationales, Amanda Teckman, il est peu probable que l’EI se complique la vie avec ce genre d’attaques car leur série de décapitations avait pour but d’attirer l’attention, et ce but est atteint ; par contre, elle redoute que d’autres groupes envisagent d’y recourir.

Le taux moyen de mortalité d’Ebola est de 50% et peut monter à 90 % sans traitement médical. Deux candidats vaccins sont à l’essai mais aucun n’a encore été validé.

Patrick Bartholomé, d'après Forbes

 

 

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