L'EI ne contrôle plus aucun territoire en Syrie, annonce la Maison Blanche

Des colonnes de fumée montent d'une des dernières positions occupées par les djihadistes à Baghouz, le 18 mars 2019.
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Des colonnes de fumée montent d'une des dernières positions occupées par les djihadistes à Baghouz, le 18 mars 2019. - © DELIL SOULEIMAN - AFP

La porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders a annoncé ce vendredi que l'Etat islamique ne contrôlait plus aucun territoire syrien. Ce qui revient à dire que le dernier bastion de la ville de Baghouz était tombé. 

Ces dernières semaines, plus de 60.000 personnes – femmes et enfants, mais aussi combattants blessés – ont été évacuées de la ville de Baghouz où les djihadistes étaient encerclés depuis 2017. Il a fallu à la coalition internationale et aux forces démocratiques syriennes près d’un an pour libérer les villages alentour. Pour le groupe terroriste Etat islamique, déjà défait en 2017 en Irak, c’est la fin territoriale du « califat » proclamé en 2014.

Le siège de Baghouz, réduit d’à peine un km carré, aura duré plus de deux mois. « Ce sont des jusqu’au-boutistes qui ont été progressivement repoussés vers cette localité-là, qui s’y sont organisés dans une logique d’encerclement. On était donc là dans une véritable forteresse, sans remparts, avec un réseau de tunnels et tout un dispositif paramilitaire spécifique avec des snipers, des pièges qui rendaient la reprise de contrôle assez difficile », explique Didier Leroy, chercheur à l’Institut royal de Défense.

Si cette dernière bataille a été longue, c’est aussi pour des raisons géopolitiques. La présence de la coalition internationale menée par les Etats Unis rassurait les forces kurdes menacées par les représailles de la Turquie voisine. « Pour les Etats-Unis, il fallait trouver un prétexte pour rester. Et pour les Kurdes, il fallait un prétexte pour faire rester les Etats-Unis. En décembre 2018, Trump a tranché en disant qu’il allait retirer ses troupes de Syrie, qu’il n’allait pas rester jusqu’en 2021-2022 comme c’était initialement prévu. Là, évidemment, la bataille s’est accélérée », analyse Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université de Lyon-II.


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Mais ce n’est pas la fin des actions du groupe Etat islamique (EI) pour autant. Privés de territoire, les djihadistes se terrent dans le maquis. Ils opèrent désormais dans la clandestinité en lançant des attentats terroristes dans les villes de la région.

La bataille contre l’EI représente aujourd’hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360.000 morts depuis le 15 mars 2011, le régime syrien, soutenu par la Russie et l’Iran, ayant reconquis près des deux tiers du pays.

La ville d’Al-Baghouz Fouqani, à la frontière entre la Syrie et l’Irak

Syrie : bombardements sur Baghouz dernier bastion de l’EI (13/03/2019)

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