L'Egypte promet de venger ses gardes-frontière tués dans le Sinaï

Le président égyptien Mohamed Morsi (C) et des responsables de la défense à al-Arish dans le Sinaï le 6 août 2012
Le président égyptien Mohamed Morsi (C) et des responsables de la défense à al-Arish dans le Sinaï le 6 août 2012 - © AFP

L'armée égyptienne a promis lundi de venger ses 16 gardes-frontière tués dans le Sinaï par des "terroristes" qui se sont ensuite infiltrés en Israël avant d'être neutralisés, accusant des éléments de l'enclave palestinienne de Gaza d'avoir appuyé les assaillants.

Cette attaque, la plus grave contre les forces égyptiennes dans la péninsule depuis les accords de paix israélo-égyptiens de 1979, qui ont rendu le Sinaï à l'Egypte, augmente la pression sur les autorités du Caire pour qu'elles reprennent en main cette région.

Les Etats-Unis ont condamné l'attaque "terroriste" menée dimanche soir, en précisant qu'ils étaient prêts à aider l'Egypte à assurer la sécurité dans le Sinaï où la situation s'est détériorée après la chute en février 2011 du régime de Hosni Moubarak, sous la pression d'une révolte populaire.

Le président Mohamed Morsi, élu en juin, et le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), se sont rendus dans l'après-midi dans le Sinaï, selon les médias officiels. L'Egypte a décrété trois jours de deuil national et des funérailles militaires sont prévues mardi.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Ehud Barak ont fait le déplacement sur le site de l'attaque côté israélien, M. Barak émettant "l'espoir que cela soit un rappel pour les Egyptiens de la nécessité d'être vigilants et efficaces".

"Nous jurons au nom de Dieu que nous allons venger" les 16 hommes tués dimanche soir près du poste-frontière de Karm Abou Salem (Kerem Shalom, en hébreu), a affirmé le Conseil militaire égyptien dans un communiqué. "Les Egyptiens ne vont pas attendre longtemps avant de voir la réaction" à cette attaque "terroriste".

Les militaires ont plus tard précisé que les auteurs de l'attaque étaient au nombre de 35 et avaient été appuyés pendant l'assaut, qui s'est produit au moment du repas de rupture du jeûne musulman de ramadan, par des tirs de mortier provenant de Gaza.

Israël pointé du doigt

Cependant, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza Ismaïl Haniyeh a accusé Israël d'être "responsable, d'une manière ou d'une autre", de l'attaque et rejeté toute implication palestinienne.

Et les Frères musulmans égyptiens ont évoqué une possible implication des services secrets israéliens, le Mossad, estimant que l'assaut visait à affaiblir le président Morsi, issu de leurs rangs.

"Ce crime peut être attribué au Mossad, qui tente de faire avorter la révolution et la preuve en est qu'il a donné pour instruction à ses citoyens sionistes se trouvant dans le Sinaï de partir immédiatement il y a plusieurs jours", a affirmé la confrérie islamiste sur son site internet.

Le commando, soupçonné de faire partie de la mouvance islamiste "jihadiste" par un responsable égyptien de la sécurité, a attaqué un poste-frontière entre l'Egypte et Israël, faisant 16 morts, avant de pénétrer en territoire israélien avec un blindé pris aux gardes-frontière et d'être neutralisé.

Cinq membres du commando ont été tués, selon un porte-parole de l'armée israélienne.

L'interception du commando a permis de "faire échec à un attentat sanglant", a indiqué à la radio militaire le général Yoav Mordehai, porte-parole en chef de l'armée israélienne.

Il a qualifié les membres du commando "d'éléments du jihad mondial basés dans le Sinaï, devenu une serre pour le terrorisme mondial en raison de la faiblesse du contrôle exercé" par l'Egypte.

"Reprendre le contrôle Sinaï"

Juste après l'attaque, M. Morsi a déclaré que des "instructions claires" avaient été données pour reprendre "le contrôle total du Sinaï", où l'armée n'est que très faiblement présente en raison de la démilitarisation de ce secteur prévue par les accords avec Israël.

Les autorités israéliennes ont mis en garde à de nombreuses reprises contre une recrudescence d'activité dans ce secteur de la part de groupes radicaux installés dans le Sinaï ou venant de l'enclave palestinienne de Gaza, qui a une frontière avec l'Egypte.

De nombreux titres de la presse égyptienne, comme le journal gouvernemental al-Akhbar, mettaient en cause des "groupes jihadistes de Gaza et du Sinaï".

Cette attaque constitue la première crise sécuritaire grave pour le président Morsi, en fonction depuis fin juin et dont le gouvernement, formé par le Premier ministre Hicham Qandil, n'est en place que depuis jeudi.


AFP
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