L'Ecosse en route pour l'indépendance

Alex Salmond, Premier ministre et chef du Parti national écossais
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Alex Salmond, Premier ministre et chef du Parti national écossais - © Belga

Le premier ministre indépendantiste écossais Alex Salmond a annoncé vouloir organiser un référendum sur le maintien du pays dans le Royaume-Uni. Un bras de fer s'annonce entre les gouvernements écossais et britannique.

Il y a de cela 300 ans, l’Écosse était encore un état souverain et indépendant. Depuis 1296, l'Angleterre et l’Écosse se livrent d'incessantes batailles. La première guerre entre les deux pays resta populaire dans la mémoire collective grâce à William Wallace. L’Écosse luttait alors constamment pour son statut de nation libre. Suite à la bataille de Bannockburn, où les Écossais ont défait l'armée anglaise, les tensions s'estompent. C'est ainsi que de nombreux actes parlementaires anglais et écossais sont ratifiés entre 1706 et 1707 pour permettre l'association des royaumes d’Écosse et d'Angleterre: le royaume de Grande Bretagne est né.

L'Acte d'Union

Depuis l'Acte d'Union de 1707, les Écossais sont des citoyens britanniques (comme leurs compatriotes nord-irlandais, gallois et anglais) et leurs revendications sont entendues puisqu'ils élisent des représentants à la Chambre des Communes du Parlement britannique. Si les Écossais bénéficiaient donc du droit de représentativité, ils demandaient plus d'autonomie puisqu'ils n'avaient pas de législation nationale spécifique. C'est en 1998, que l’Écosse se dote de son propre gouvernement et d'un parlement. Elle retrouve ainsi une autonomie plus grande même si elle reste soumise aux principes de la souveraineté britannique. Un parti national écossais existe depuis les années 1930.

Le Parti national écossais et Alex Salmond

Alex Salmond est actuellement Premier ministre d'Écosse et chef du Parti national écossais, le plus grand parti d'opposition. Militant nationaliste et indépendantiste, il fut à la base de la campagne pour la décentralisation du Parlement en 1998. En 2007, lorsqu'il accède au poste de Premier ministre, il relance l'idée d'une séparation avec le Royaume-Uni. Mais c'est en mai 2011, lors de sa réélection triomphale, qu'il propose "un référendum conçu en Écosse et décidé par les Écossais". Alex Salmond entend faire voter ses compatriotes à l'automne 2014, profitant de l'anniversaire de la bataille symbolique de Bannockburn.

Un vote à l'horizon 2014

Le Premier ministre voudrait poser deux questions "courte, directe et claire" aux Écossais: "Etes-vous d'accord pour que l’Écosse soit un pays indépendant ?". Il souhaite pour cela que la réflexion se poursuive jusqu'en 2014. Alex Salmond voudrait également ajouter une question supplémentaire offrant des pouvoirs plus étendus au Parlement écossais, qui ne dispose pour l'instant que de compétences en matière d'éducation, de santé, de justice et d'environnement.

Un référendum contesté

Le gouvernement de David Cameron, qui défend farouchement le maintien de l’Écosse au sein du Royaume-Uni, ne voit évidemment pas ce référendum d'un si bon œil. Le Premier ministre du Royaume-Uni a récemment rappelé que Londres aurait le dernier mot sur les modalités d'organisation de ce référendum, avançant ainsi la date de vote à 18 mois. David Cameron espère ainsi couper l'herbe sous le pied du Premier ministre écossais. Ce qui pourrait marcher, l'opinion publique n'étant pas majoritairement favorable à l'indépendance. Selon les derniers sondages, seuls 38% des Écossais affirment qu'ils voteraient en faveur de l'indépendance tandis que 57% déclarent qu'ils voteraient contre.

Le Premier ministre du Pays de Galles, Carwyn Jones, et le Premier ministre d'Irlande du Nord, Peter Robinson, exprimèrent tous deux leurs souhait que l’Écosse reste dans la Royaume-Uni.

La bataille entre Édimbourg et Londres n'est pas près de se terminer.


Jean-Charles Dierickx

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