L. Chinchilla, première femme présidente du Costa Rica ?

La candidate du parti au pouvoir et héritière du chef de l'Etat sortant Oscar Arias, dont elle a été la vice-présidente, pourrait être élue dès le premier tour à la présidentielle en franchissant la barre nécessaire de 40% des suffrages.

Mme Chinchilla, une politologue de 50 ans, était créditée de 41% dans les derniers sondages, se retrouvant loin devant ses principaux rivaux, l'avocat de droite Otto Guevara (22%) et Otton Solis (19%), représentant du centre-gauche.

Tous deux en sont à leur troisième tentative, après deux échecs, le dernier d'extrême justesse pour M. Solis qui a été battu de 1% seulement par M. Arias en 2006.

La "marionette" du président sortant ?

Le président sortant, 69 ans, Prix Nobel de la Paix en 1987 pour son rôle dans l'arrêt des guerres civiles en Amérique centrale, ne pouvait briguer un second mandat consécutif conformément à la Constitution, mais ses opposants jugent que Mme Chinchilla est sa "marionnette".

Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 heure locale (12H00 GMT) pour les 2,8 millions d'électeurs, soit environ la moitié de la population de la "Suisse d'Amérique centrale".

M. Solis, économiste de 55 ans, et président du Parti d'action citoyenne (PAC, centre-gauche), a voté dans sa ville de San Isidro del General, à 130 km au sud de San Jose, avec son épouse et ses trois filles.

A cette heure-là, dans la capitale, Laura Chinchilla et Otto Guevara étaient côte-à-côte à la messe avant d'aller voter. C'est un passage quasi-obligé en politique dans un pays où le catholicisme est toujours religion officielle.

L'issue du scrutin, qui renouvellera également la composition du Congrès de 57 membres et de la direction des municipalités, ne modifiera guère la ligne politique du pays.

Le PLN accusé d'avoir viré au centre-droit

Le Parti de libération nationale (PLN) de Otton Arias et de Laura Chinchilla est officiellement social-démocrate. Mais pour Otton Solis, qui a été ministre dans le premier gouvernement Arias (1986-1990), il a viré au centre-droit.

Quant à Maître Guevara, avocat ultralibéral de 49 ans, il proclame que sa "victoire serait celle de politiques publiques différentes de celles qu'on applique dans d'autres pays d'Amérique latine", en allusion aux pays marqués à gauche.

Le Costa Rica, qui a décidé de ne plus avoir d'armée nationale après une guerre civile en 1948, demeure un îlot de paix et de prospérité dans une région au taux de criminalité élevé, secouée par le coup d'Etat du 28 juin au Honduras.

Il a toutefois découvert ces dernières années l'insécurité et la violence criminelle qui minent ses voisins.

Laura Chinchilla a ainsi fait de la criminalité et de la drogue les premières cibles de son discours, au même titre que la relance économique, après la chute du PIB de 1,3% en 2009 dans un pays qui a largement fondé sa prospérité sur l'afflux d'investissements étrangers.

Deux cents observateurs internationaux sont au Costa Rica, où l'éventuel second tour est prévu pour le 4 avril.

"C'est un processus électoral assez solide, avec un comportement civique exemplaire", a déclaré à l'AFP la responsable de la mission d'observateurs de l'Organisation des Etats américains (OEA), Maria Emma Mejia.

L'abstention pourrait toutefois être élevée, comme aux précédentes élections, où elle a dépassé 30%.

"Vers 22H00 (lundi 04H00 GMT), nous aurons dépouillé au moins 80% des bulletins de vote", selon Hugo Picado, du Tribunal suprême électoral.


AFP

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