L'Azerbaïdjan annonce avoir frappé des sites de lancement de missiles en Arménie

La cathédrale de Choucha, endommagée par des bombardements, à 15 kilomètres de Stepanakert, le 13 octobre 2020 en Azerbaïdjan
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La cathédrale de Choucha, endommagée par des bombardements, à 15 kilomètres de Stepanakert, le 13 octobre 2020 en Azerbaïdjan - © ARIS MESSINIS

Le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan a annoncé mercredi avoir frappé deux sites de lancement de missiles en Arménie, utilisés selon lui pour viser des zones civiles dans le conflit au Haut-Karabakh.

Le ministère de la Défense arménien a confirmé que des zones sur son territoire avaient été touchées, tout en niant avoir frappé l’Azerbaïdjan et affirmant se réserver désormais le droit de viser des cibles militaires en Azerbaïdjan.

C’est la première fois depuis la reprise des hostilités dans cette région séparatiste que Bakou reconnaît avoir frappé sur le territoire de l’Arménie.

Bakou affirme que ses forces armées avaient remarqué dans la nuit sur le sol arménien le déploiement de systèmes de lancements de missiles prêts à être utilisés, dans une zone proche de la région séparatiste du Haut-Karabakh, et les avoir détruits car ils étaient destinés à viser des zones civiles en Azerbaïdjan.

La porte-parole du ministère arménien de la Défense, Chouchan Stepanian, a confirmé les frappes sur son sol mais démenti toute volonté de viser des zones civiles en Azerbaïdjan.

"L’attaque a été effectuée sur la simple hypothèse que l’équipement en question allait frapper des zones civiles en Azerbaïdjan. Il va sans dire que cette allégation est dénuée de tout fondement", a-t-elle indiqué sur Twitter.


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"Pas un seul missile, obus ou projectile n’a été tiré en direction de l’Azerbaïdjan", a-t-elle ajouté. En réponse, l’armée arménienne "se réserve maintenant le droit de cibler toute installation militaire et tout mouvement de combat sur le territoire de l’Azerbaïdjan", a-t-elle encore écrit.

Troupes azerbaïdjanaises et combattants séparatistes, ces derniers soutenus par Erevan, se battent depuis fin septembre au Haut-Karabakh. La reprise des hostilités a fait officiellement plus de 600 morts, mais le bilan réel pourrait être bien plus lourd.

Une trêve négociée sous l’égide de la Russie aurait dû entrer en vigueur samedi midi pour permettre au moins un échange de prisonniers et de corps mais elle n’a jamais été respectée.

Le Haut-Karabakh, territoire majoritairement peuplé d’Arméniens, a fait sécession de l’Azerbaïdjan, entraînant une guerre ayant fait 30.000 morts dans les années 1990.

Bakou accuse depuis l’Arménie d’occuper son territoire, et les heurts armés y sont réguliers. Mais les hostilités en cours sont les plus graves depuis 1994. Après près de 30 ans d’impasse diplomatique, le président azerbaïdjanais Ilham Alïev a juré de reprendre le contrôle de ce territoire par la force si nécessaire.

Journal télévisé 27/09/2020

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