L'avenir industriel de l'Europe

Rassemblement d'ouvrier en colère
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L’Europe peut-elle faire renaître son industrie. Pendant des années le discours a toujours été le même : l'avenir est aux services, pas à l'industrie. Un discours qui est en train de changer. Et la récente annonce par le Commissaire Tajani de la mise en place d'une politique sidérurgique commune - comme un retour aux sources de l'Union - en est le signe.

La faillite de l’entreprise Saint Gobain à Auvelais représente 263 emplois perdus. C'est la dernière en date d'une série de fermeture d'usines dans l'Union Européenne. Pas moins de 26 en une semaine. De la Finlande à l’Espagne, en passant par la Pologne, personne n'est épargné. Cela représente plusieurs milliers d'emplois au total. Depuis 2008, 4 millions et demi de travailleurs dans le secteur de l’industrie ont perdu leur travail.

Arcelor Mittal est un bon exemple de ce déclin industriel européen. Avec des fermetures de sites simultanément à Florange et à Liège, les gouvernements français et belge ont chacun tenté de sauver leurs usines, sans succès. Le commissaire européen à l’Industrie a bien rencontré Lakshmi Mittal mais Antonio Tajani ne fait pas le poids face au géant indien de l'acier. Car l'Europe ne parle pas d'une seule voix. Avec la crise, chaque pays défend ses propres intérêts.

Le député européen Ecolo (Les Verts) Philippe Lamberts estime d’ailleurs qu’il faudrait harmoniser les politiques fiscales, environnementales et sociales afin de ne plus donner l’occasion à de grands groupes, comme Arcelor Mittal, de mettre en concurrence les pays membres de l’Union européenne. Une harmonisation européenne dont nous nous sommes encore très loin aujourd'hui.

L’avenir reste donc très incertain. La politique industrielle à l’échelon européen est actuellement en cours de discussion.

D’un côté, le commissaire à l’Industrie proposera en juin un plan global pour la sidérurgie européenne. De l’autre, le commissaire au Marché a lancé un livret vert pour l’économie européenne.

 L’Europe discute donc mais la révolution industrielle du 21ème siècle n'est pas pour demain.

Frédéric Gersdorff

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