L'Autriche nomme un ministre des Affaires étrangères de 27 ans

Le plus jeune ministre qu'a connu l'Autriche depuis 1945 a mené des campagnes bien accueillies pour l'intégration.
Le plus jeune ministre qu'a connu l'Autriche depuis 1945 a mené des campagnes bien accueillies pour l'intégration. - © SK

Il est entré au gouvernement à l’âge de 25 ans, mettant pour cela ses études de droit en veilleuse. Deux ans après, Sebastian Kurz est le nouveau chef de la diplomatie autrichienne. C’est le plus jeune ministre autrichien depuis 1945.

Certains voient en lui un futur chancelier. Déjà ministre de l’Intégration, où il a récolté de beaux succès salués à gauche comme à droite, le voici à présent à la tête du cabinet des Affaires étrangères et européennes.

"Notre travail vient seulement de commencer – faire de la politique autrement". Voici sur quels slogans s’ouvre le site personnel de Sebastian Kurz, le chef depuis 2009 de l'organisation de jeunesse du Parti conservateur démocrate-chrétien ÖVP. Ce jeune tribun est également conseiller municipal de Vienne, son premier mandat électif, depuis novembre 2010.

Une intégration par l’effort

Vis-à-vis des immigrants en Autriche, Sebastian Kurz a basé sa politique d’intégration sur le concept "d’Intégration par la performance", estimant que "des gens qui vivent ici légalement, doivent être jugés aux efforts de formation, d’emploi et d’engagement citoyen qu’ils fournissent et non d’après leurs origines."

Plusieurs mesures qu’il a prises ont été remarquées, notamment l’obligation d’une année d’école maternelle supplémentaire pour les enfants maîtrisant trop peu la langue allemande, l’obligation pour les imams de prêcher en allemand, et la publication d’un Rapport de l’intégration contenant un catalogue de 20 mesures d’amélioration.

Fils d’une enseignante et d’un ingénieur, il a fait ses études secondaires dans une école où la moitié de ses camarades avaient une origine immigrée. D’où sa sensibilité à ces questions, affirme-t-il.

Des choix de communication critiqués

Ses actions de communication lors des élections n’ont pas toujours fait l’unanimité. Notamment lorsqu’il a lancé sa campagne au départ d’une boîte viennoise, le Moulin Rouge, au volant d’un Hummer noir marqué du slogan "Schwarz ist geil", "Le noir est excitant" ou "Le noir est cool", selon le double sens du mot geil. Cette action tâchait (mais ce fut sans succès) de damer le pion aux actions du FPÖ (extrême-droite) qui avait conquis une large part de la jeunesse autrichienne en faisant campagne dans les boîtes de nuit.

Une coalition en baisse historique

Cette nomination intervient à la suite de l’accord intervenu entre les deux grands partis d'Autriche, les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs de l'ÖVP, qui reconduisent pour cinq ans leur coalition au pouvoir depuis 2006.

Ces deux partis dominent la vie politique autrichienne depuis la Seconde Guerre mondiale, mais ils ont enregistré leur plus faible score depuis 1945 aux élections législatives de septembre : à peine plus de la moitié des suffrages à eux deux. Ceci a profité à l'extrême-droite (FPÖ) qui a dépassé les 20%.

Patrick Bartholomé

 

 

 

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