L'armée israélienne détruit une école financée par l'UE

Dans les gravats des deux classes détruites, le panneau du consortium des donateurs dont la Belgique fait partie. Elle n'avait cependant pas contribué au financement de ces classes.
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Dans les gravats des deux classes détruites, le panneau du consortium des donateurs dont la Belgique fait partie. Elle n'avait cependant pas contribué au financement de ces classes. - © D.R.

Dimanche matin, l'armée israélienne a rasé deux classes d'une école palestinienne, près de Jérusalem. Ces classes avaient été financées par plusieurs pays européens. Israël détruit régulièrement des projets européens d'aide aux Palestiniens.

L'armée israélienne explique que ces classes ont été construites sans les autorisations nécessaires. Les permis de bâtir sont pratiquement impossible à obtenir pour ces communautés palestiniennes près de Jérusalem. Pour le coordinateur humanitaire des Nations Unies Roberto Valent, "Abu Nuwar est l’une des communautés les plus vulnérables de Cisjordanie et a besoin d’aide humanitaire." Il estime qu’Israël a créé un environnement coercitif qui viole les droits des habitants qui risquent de subir un transfert forcé.

Pourquoi cet acharnement sur Abu Nuwar ?

Le scénario se répète en fait année après année. C'est au moins la cinquième fois qu'une partie de cette école est démolie par les autorités israéliennes. Et les habitants d’Abu Nuwar ne parviennent pas à s'habituer à cette violence. Le maire de l'entité de Jahalin, Dawoud Jahalin, raconte : "Nous avons été surpris quand ils sont arrivés à 5 heures du matin, avec les forces d'occupation appuyées par un hélicoptère et la police. Ils sont entrés dans le camp et l'ont déclaré zone militaire fermée. Ils ont arrêté ceux qui essayaient d'atteindre l'école. Ils ont commencé à détruire l'école. Ils ont détruit les 3e et 4e années."

Abu Nuwar est un village bédouin très pauvre, semblable à un bidonville. Les 650 habitants élèvent des chèvres et des moutons. Ils sont sédentarisés là depuis des années. Israël veut les faire quitter cette colline stratégique, près de Jérusalem, en Cisjordanie occupée, dans une zone appelée E1. Un plan de développement y prévoit nouvelles colonies juives, qui relieraient Jérusalem à d'autres grandes colonies à l'intérieur de la Cisjordanie qui serait pratiquement coupée en deux.

Compensations pour les destructions

Les deux classes détruites avaient été financées par le "West Bank Protection Consortium", un mécanisme humanitaire auquel participe huit pays, dont la Belgique. Dans ce cas précis, la Belgique n'avait cependant pas contribué au financement de ces deux salles de classe. Ces destructions de projets belges et européens sont plus en plus fréquentes. On estime qu'environ 400 infrastructures humanitaires financées par l'Union européenne ou ses États membres ont été détruites volontairement par les autorités israéliennes depuis 2009. En décembre, des députés européens avaient symboliquement présenté une facture de 1 million 200.000 euros au Premier ministre Benjamin Netanyahou lors de sa visite à Bruxelles.

La Belgique demande désormais systématiquement des compensations lors de pareilles destructions qui violent le droit international humanitaire. Une demande formelle a été faite l'année passée avec six autres pays après la destruction de panneaux solaires dans ce même village bédouin d'Abu Nuwar.

Article modifié le 7 février 2018

Sujet du JT 13h de ce lundi 05 février:

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