L'Arabie saoudite veut s'ouvrir au tourisme (et le pari n'est pas gagné)

L'Arabie saoudite compte mettre en avant son patrimoine, comme le site archéologique d'Al-Ula.
L'Arabie saoudite compte mettre en avant son patrimoine, comme le site archéologique d'Al-Ula. - © FAYEZ NURELDINE - AFP

Dans les semaines qui arrivent, le Royaume va proposer pour la première fois des visas touristiques. Un signe d’ouverture de la part de ce pays fermé et ultra-conservateur. L’ambition est de changer son image et d’anticiper un ralentissement économique.

Jusqu’à présent, la plupart des visas étaient destinés aux travailleurs et hommes d’affaires, ainsi qu’aux pèlerins en partance pour La Mecque. Désormais, le prince héritier Mohammed ben Salmane veut ouvrir davantage son pays par le biais de la réforme "Vision 2030". Les autorités voudraient faire passer la part du tourisme de 3 à 10% du PIB, à la fois pour anticiper sur le long terme la baisse de la rente pétrolière et pour stabiliser un pays très enclin aux instabilités (guerre avec le Yémen, relations avec l’Iran, etc.).

Fin de l’abaya

On ne connaît pas encore les tarifs des visas touristiques, mais ils seront bientôt disponibles en ligne pour les ressortissantes de 49 pays. Pour attirer les visiteurs du monde entier (principalement les Chinois, les Européens et les Américains), le Royaume promet également d’assouplir ses règles vestimentaires. Les femmes étrangères ne seront plus obligées de porter l’abaya, cette robe traditionnelle qui recouvre la totalité du corps. Dans un communiqué, Ahmed al-Khateeb, directeur du tourisme saoudien, prévient toutefois qu’elles devront porter "des vêtements pudiques ". Il n’est pas précisé si les hommes auront le droit de porter des shorts, actuellement interdits.

On ne sait pas quelles règles seront adoptées concernant l’homosexualité et les relations hors mariage, aujourd’hui interdites et réprimées. Normes sociales très strictes, alcool interdit, pays peu respectueux des droits de l’homme (assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, enfermement du blogueur Raïf Badawi, etc.) donnent actuellement au pays une image austère voire désastreuse.

Cinq sites classés à l’Unesco

Le Royaume part donc de très loin s’il compte devenir une destination massivement visitée. Il compte investir des milliards de dollars pour bâtir une industrie touristique inexistante et entretenir plusieurs zones archéologiques. L’Arabie saoudite peut s’enorgueillir d’abriter cinq sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

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