L'angoisse du blogueur saoudien Raef Badawi, à la veille de chaque vendredi

L'angoisse du blogueur saoudien Raef Badawi, à la veille de chaque vendredi
L'angoisse du blogueur saoudien Raef Badawi, à la veille de chaque vendredi - © Clement Sabourin - BELGAIMAGE

Cet après-midi, à 17 h, comme chaque jeudi, des militants d'Amnesty International vont manifester devant l'ambassade d'Arabie saoudite a Bruxelles. Ils vont réclamer la libération de Raef Badawi, un jeune blogueur de 31 ans, condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet, pour insulte a l'Islam. Le cas de Raef Badawi a ému le monde entier. Un parlementaire norvégien l'a même proposé, avec son avocat, comme candidat au prix Nobel de la paix. A Bruxelles, devant devant l'ambassade d'Arabie Saoudite, une quarantaine de personnes se sont rassemblées pour réclamer la libération du blogueur saoudien Raif Badawi et celle de son avocat, Waleed Abu al Khair.

En 2008, Raef Badawi a 24 ans. C'est un citoyen d'Arabie Saoudite comme un autre, un bon musulman, marié et père de famille. Seulement, il trouve le système du pays un peu étroit et ouvre un forum de discussions sur internet pour s'exprimer. Un site qui dérange assez vite les autorités.

Dans une chronique sur la St Valentin par exemple, il tourne en dérision la commission saoudienne pour la promotion de la vertu et la prévention du vice. Dans son dernier article, Raef Badawi citait aussi "l'Homme révolté" d'Albert Camus.

Pour Christophe Delloire, directeur de Reporters Sans Frontières "si Raef Badawi est un homme révolté c'est parce qu'il est détenu dans un pays dans lequel on n'a pas le droit d'évoquer des réalités toutes simples, et L'angodans lequel ceux qui veulent tenir des propos libres prennent tous les risques".

En 2012, Raef Badawi est poursuivi pour atteinte a la sécurité publique et insulte a l'Islam. Il est condamné a 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, répartis en 20 séances. Le 9 janvier dernier, devant la mosquée de Djeddah, Raef Badawi a subi sa première séance de flagellation en public, environ 15 minutes de coups de fouet. Depuis, les séances ont a chaque fois été ajournées, pour des motifs médicaux, car les plaies de Raef Badawi ne cicatrisent pas.

A la veille de chaque vendredi, c'est l'angoisse. Pour lui bien sûr, mais aussi pour sa femme et ses trois enfants, exilés au Canada. "Il faut imaginer l'angoisse que ça représente", rappelle Christophe Delloire. "Chaque vendredi, c'est une angoisse forte pour les gens qui soutiennent Raef Badawi. On imagine que c'est une angoisse bien plus forte pour ses proches, et surtout sa femme et ses enfants".

Raef Badawi a rencontré sa femme Ensaf il y a 14 ans. Il est tombé amoureux de sa voix, suite a une méprise téléphonique. Ils se sont mariés un an plus tard, et ont eu 3 enfants. Ils ne se sont plus revus depuis 2 ans et demi, sa femme est autorisée à lui téléphoner.

Quand il a appris qu'il était cité pour le prix Nobel de la paix, il lui a répondu : "Mon discours peut aider la liberté".

Manifestation à Bruxelles devant l'ambassade d'Arabie Saoudite

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées jeudi devant l'ambassade d'Arabie Saoudite, à Bruxelles, pour réclamer la libération du blogueur saoudien et celle de son avocat, Waleed Abu al Khair.

 "Nous n'arrêterons pas nos actions tant que les peines de Raif Badawi et Waleed Abu al Khair ne seront pas annulées et qu'ils ne seront pas libérés. La pression diplomatique exercée par les pays membres de l'Union européenne n'est pas suffisante et nous estimons qu'ils doivent prendre position clairement et rappeler à l'Arabie Saoudite qu'elle a signé et ratifié la convention contre la torture", a indiqué Ludovic Laus, responsable communication d'Amnesty International Belgique.

Y.S. avec Françoise Wallemacq

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