L'analyse d'échantillons datant de la mission Apollo 11 dévoile l'âge de la Lune

Alors que l’alunissage par Apollo 11 vient récemment de fêter son 50e anniversaire, des chercheurs ont analysé des échantillons prélevés lors de l’expédition pour mesurer l’âge de la Lune. Et celle-ci serait plus âgée que ce que l’on croit.

C’est durant l’expédition menée par Neil Armstrong et ses collègues en 1969 que plus de 21,55 kg d’échantillons ont été prélevés sur la surface de la Lune avant d’être ensuite rapportés sur Terre.

Dater l’impact

Cinquante ans plus tard, l’analyse de ces données analysées par Maxwell Thiemens, membre du Laboratoire G-TIME de la Faculté des Sciences de l’Université libre de Bruxelles, permet d’en savoir plus sur la naissance du système solaire et sur l’histoire de ce satellite.

"La Lune a des particularités physiques. Elle nous montre toujours la même face. Aujourd’hui, on ne peut l’expliquer que d’une seule manière : Par un impact géant au début du système solaire entre la prototerre et une protoplanète qui devait avoir la taille de Mars", explique Vinciane Debaille, maître de recherches FNRS à l’ULB et spécialiste en géochimie.

Une énorme collision entre deux corps très importants qui libèrent des matières. Celles-ci se sont ensuite rassemblées pour former la Lune. "La question était de savoir quand cet impact a eu lieu car cela nous permettra de comprendre quand l’eau est arrivée sur Terre, quand une croûte solide à commencer à se former, etc.", rajoute-t-elle.

"Vieille" Lune

Jusqu’à présent, différents modèles sur l’âge de l’impact coexistaient. Certains l’estimant à 200 millions d’années après la formation du système solaire, soit une Lune "jeune", d’autres à 50 millions d’années et donc plus "vieille". "Cette étude montre que le seul modèle qui permet d’expliquer les données chimiques mesurées sur les échantillons Apollo, c’est le modèle qui estime l’impact Terre-Lune à environ 50 millions d’années après la formation du système solaire", précise Vinciane Debaille.

C’est en utilisant la radioactivité naturelle des éléments que cette conclusion a pu être formulée. "On connaît la vitesse à laquelle se désintègre un isotope. Cela nous permet d’avoir une estimation du temps qui s’écoule".

Les échantillons ont été conservés pendant 50 ans sous azote, dans un abri sans oxygène pour éviter d'altérer les matériaux, en particulier le tungstène. Il aura donc fallu attendre un demi-siècle pour que les techniques d’analyse soient enfin à la hauteur et permettent de révéler certains secrets.

"L’âge de la Lune a un impact sur notre compréhension de l’évolution de la Terre, ce qu’on appelle l’habitabilité. Celle-ci va donc dépendre de l’âge de cet impact". Maintenant que cette information est confirmée, il est donc possible d’établir que la vie a pu apparaître beaucoup plus tôt sur Terre que ce que l’on pensait.

 

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