L'Amazonie brésilienne condamnée à brûler tout l'été

Le Pantanal, sanctuaire inestimable, noyé dans les fumées épaisses des feux de forêts, au sud de l'Amazonie brésilienne. La saison sèche ne fait que commencer.
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Le Pantanal, sanctuaire inestimable, noyé dans les fumées épaisses des feux de forêts, au sud de l'Amazonie brésilienne. La saison sèche ne fait que commencer. - © ROGERIO FLORENTINO - AFP

Nous avons encore en tête ces appels désespérés lancés par les défenseurs de l’environnement. A l’époque, ils nous prévenaient : si rien n’est fait, c’est un écosystème essentiel à la survie de la planète qui risque, à force de partir en fumée, d’être réduit à un tas de cendres.

Cette alerte, destinée à lutter plus efficacement contre les feux de forêts qui défigurent l’Amazonie, elle date de 2019. Depuis lors, l’Amazonie brésilienne brûle et, il faut bien le dire, la situation a fortement évolué. Comprenez : elle s’est largement détériorée. C’est bien simple : 6803 incendies ont été répertoriés dans la forêt amazonienne en juillet, c’est 1500 foyers de plus que l’an dernier.

Une saison des incendies

 

Des feux qui grignotent le Pantanal ? Ce sanctuaire de biodiversité, au sud de l’Amazonie brésilienne ? Bah ! vous répondront ceux ou celles qui minimisent l’urgence, il existe bien une saison des incendies en Amazonie, pas de panique. Une saison des feux ? C’est vrai. Elle est prévue pour débuter au mois de juin et se terminer en octobre. Mais pourquoi faudrait-il trouver cela acceptable ? A suivre ce calendrier, ce raisonnement, il n’y aurait donc rien d’anormal. Sauf que ce qui l’est bien, c’est l’incroyable vivacité des feux qui mangent la végétation actuellement. Le nombre d’incendies n’a jamais été, si l’on en croit les relevés, si élevé. Pour ne citer qu’un chiffre : les départs de feu suivis d’incendie ont augmenté de 28% en juillet par rapport à juillet de l’an dernier.

Bref, les pompiers parlent d’une situation dantesque, se battent depuis dix jours contre les flammes, au milieu de 50.000 hectares déjà partis en fumée. La tâche est particulièrement lourde puisque ces hommes doivent se frayer un passage à travers les arbustes pour parvenir à identifier les foyers qui consument la végétation. Comme si cela ne suffisait pas : les précipitations ont été beaucoup moins intenses cette année. Des pans entiers de végétation restent soumis aux risques d’incendie.

 

Exiger la protection de la forêt amazonienne

 

Reste aux militants à ne pas baisser la garde, parfois au péril de leur vie. Pour maintenir la pression sur le gouvernement Bolsonaro, l’engagement doit être total. "Dans les textes, on peut lire clairement que ces incendies sont condamnés, car ils sont interdits", explique le porte-parole de Greenpeace Brésil. "Or, dans les faits, cette interdiction a peu de poids. Peu de poids tant, notamment, qu’il n’y aura pas plus de contrôles et de patrouilles sur le terrain." Sous-entendu : le gouvernement ne travaille qu’en prononçant des paroles, lançant des slogans mais le reste sonne creux. Pire : des mouvements écologistes accusent le président d’encourager la déforestation avec des appels à ouvrir la forêt tropicale à l’activité agricole. Les incendies sur place ont essentiellement pour but de défricher illégalement les terres pour favoriser l’agriculture, l’élevage et l’exploitation minière.

 

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