Allemagne: augmentation des taxes sur les billets d'avions, diminution de celles sur les trajets en train

L'Allemagne mène une vraie politique pour encourager des transports responsables
L'Allemagne mène une vraie politique pour encourager des transports responsables - © JOHN MACDOUGALL - AFP

Premier effet de la mise en oeuvre de son plan climat, le gouvernement allemand a adopté une hausse de 74 % de la taxe sur les billets d'avion court et moyen-courriers et de 41 % celles des long-courriers. Concrètement, les taxes sur les vols intérieurs et européens partant d'Allemagne augmenteront ainsi de 5,53 euros, pour atteindre 13,03 euros. Celles des vols long-courriers progresseront d'environ 10 et 16 euros par trajet, selon qu'ils dépassent ou non les 6.000 kilomètres de distance. Au total, la facture pourra s'approcher des 60 euros pour les trajets les plus longs. 

Une aubaine pour le rail qui lui connaîtra une baisse de 19 % à 7 % de la TVA sur les billets de train longue distance dès le 1er janvier 2020. "Les voyages en train ne devraient pas seulement devenir moins chers, mais les vols seront dans le même temps plus chers ", a-t-il souligné dans un communiqué la gouvernement. Gouvernement qui a annoncé dans son plan vouloir injecter 20 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2030 afin de moderniser l'infrastructure ferroviaire et de renforcer les capacités de la Deutsche Bahn. L'objectif affiché est de doubler d'ici à 2030 le nombre d'utilisateurs des trains allemands.

Au terme de mois de négociations, les partis de la coalition étaient tombés d'accord le 20 septembre pour investir 100 milliards d'euros d'ici 2030 dans la protection du climat, avec notamment un développement du réseau ferré ou des subventions en faveur des véhicules électriques.

Ces mesures font partie du plan climat du gouvernement Merkel, présenté en grande pompe en septembre dernier même si depuis il a été vidé d'une partie de sa substance au grand dam des écologistes et au sein même de la coalition de Mme Merkel. "Si le paquet climat est encore affaibli par l'Union, ce ne sera plus qu'un tigre de papier", a ainsi critiqué le député Karl Lauterbach, un des candidats à la direction du parti social-démocrate (SPD), membre de la coalition avec les conservateurs (CDU/CSU)

Autre exemple de recul, le 20 septembre, le gouvernement avait annoncé que l'Allemagne deviendrait "climatiquement neutre" d'ici 2050. Or le projet de loi ne fixe plus désormais comme objectif que la neutralité "à long terme".

Face aux critiques, le ministère fédéral de l'Environnement a défendu le fait que le "noyau essentiel" de la politique climatique, à savoir des objectifs sectoriels à atteindre en 2020 puis 2030, reste toujours d'actualité. Il a nié tout "affaiblissement des points clés" de son projet de loi de 60 pages, publié sur internet.

 

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