L'Allemagne conciliante avec les réfugiés syriens

Face à la crise des migrants, l’Allemagne a pris une mesure exceptionnelle. Les autorités allemandes ont cessé de renvoyer les demandeurs d’asile syriens vers leur point d’entrée dans l’Union européenne. Autrement dit, Berlin a suspendu le règlement de " Dublin" ; ce règlement européen prévoit l’expulsion des migrants en situation irrégulière vers le premier pays d’accueil, seul pays où ils peuvent introduire une demande d’asile. Plus de 2000 Syriens ont déjà profité de cette suspension cette année.

Dans le même temps, la chancelière Angela Merkel a indiqué ce mardi que l’Allemagne devra renvoyer les demandeurs d’asile originaires de Serbie, d’Albanie et du Kosovo car " ce ne sont pas des pays où règne la guerre civile ".

Face à la réticence de plusieurs pays européens à accueillir des réfugiés syriens, la chancelière allemande a également estimé que l’Europe se trouvait dans une situation qui n’était pas digne d’elle-même. Lundi déjà, avec le président français François Hollande, Angela Merkel avait plaidé pour une réponse unifiée de l’Union européenne.

L’Allemagne s’attend à recevoir cette année 800 000 demandes d’asile. Face à cet afflux de réfugiés sans précédent, les actes xénophobes se multiplient à travers l’Allemagne. La nuit dernière, près de Berlin, un gymnase qui devait servir de centre d’accueil a été incendié. Il n’y pas eu de victimes.

Ce mardi après-midi, le siège du SPD, le parti social-démocrate allemand, a été évacué après une alerte à la bombe. Il pourrait s'agir d'un acte politique. Le parti avait reçu de nombreuses insultes racistes après la visite son président Sigmar Gabriel lundi à Heidenau dans l’est de l’Allemagne, où des heurts violents ont opposé ce week-end policiers et militants d’extrême droite. Sigmar Gabriel, qui est aussi vice-chancelier, avait fermement condamné ces incidents.

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