L'Algérie s'agite et se mobilise pour faire libérer le journaliste Khalid Drareni symbole du combat pour la liberté de presse

Les appels à libérer le journaliste Khaled Drareni, devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, se sont multipliés au lendemain de sa condamnation à une peine de trois ans de prison ferme.

Une pétition lancée en ligne par des journalistes algériens avait recueilli plus de 1020 signatures mardi à la mi-journée, parmi lesquelles celle de Louisette Ighilahriz, figure emblématique de la guerre d'indépendance, selon des organisateurs.

"La place de Khaled Drareni n'est pas en prison. Nous, signataires de cette pétition, exigeons sa libération immédiate et sa réhabilitation", est-il écrit.

 

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Le journaliste Khaled Drareni en mars dernier dans les rues d'Alger après une brève interpellation. © Tous droits réservés

Traitement spécial insupportable

Le texte dénonce "le traitement spécial insupportable que subit le journaliste Khaled Drareni", en soulignant qu'il s'agit de "la peine de prison la plus lourde prononcée depuis l'Indépendance contre un journaliste pour son travail".

Khaled Drareni, âgé de 40 ans, est directeur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde et l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Incarcéré depuis le 29 mars, il a été condamné lundi à Alger à trois ans d'emprisonnement et à une lourde amende pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale".

Khaled Drareni était poursuivi à la suite de sa couverture le 7 mars à Alger d'une manifestation du "Hirak", le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension il y a quelques mois en raison de la pandémie de Covid-19.

La sentence a choqué ses collègues algériens et suscité de vives protestations des défenseurs des droits de la presse et de la protection des journalistes.

Verdict jugé inique et injuste

Le Syndicat national des journalistes algériens a "réclamé la mise en liberté de notre confrère Khaled Drareni". "L'espoir vire donc au cauchemar", déplore son secrétaire général, Kamel Amarni, en fustigeant "un précédent grave, condamnable et qui n'augure rien de bon quant aux intentions réelles du pouvoir par rapport à la liberté d'expression et de la presse en particulier".

Sous le titre "L'opinion publique est scandalisée", le quotidien El Watan évoque "un verdict jugé inique et injuste", un "lundi noir" pour la presse algérienne.

Un autre journal francophone, Liberté, évoque un "jour de deuil que ce lundi 10 août".

"En condamnant Khaled Drareni à trois ans de prison, le pouvoir vient de renoncer, de la manière la plus brutale, à toute prétention de justice et de liberté", assène un éditorial de Liberté.

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