L'Afrique du Sud rend un nouvel hommage ému à "Mama" Winnie Mandela

L'Afrique du Sud rend un nouvel hommage ému à "Mama" Winnie Mandela
L'Afrique du Sud rend un nouvel hommage ému à "Mama" Winnie Mandela - © MARCO LONGARI - AFP

Des milliers de Sud-Africains ont rendu mercredi dans un stade du township de Soweto un nouvel hommage populaire et ému à l'icône controversée de la lutte anti-apartheid Winnie Mandela, l'ancienne épouse du président Nelson Mandela.

"Je pensais qu'elle vivrait pour l'éternité", a lancé à la foule une de ses nombreuses petites-filles, Mbambatha Mandela. "J'ai eu le privilège d'être la première des petits-enfants qu'ils ont pu élever après le retour de (Nelson) de prison".

Incarnation avec son ex-mari, de la lutte de "libération" de la majorité noire du pays contre la ségrégation raciale, Winnie Madikizela Mandela est décédée le 2 avril à l'âge de 81 ans des suites "d'une longue maladie".

L'Afrique du Sud a décrété un deuil national jusqu'à samedi, date de ses funérailles officielles.

Comme en répétition de ce grand rassemblement qui sera présidé par le chef de l'Etat Cyril Ramaphosa, une première cérémonie officielle a débuté mercredi en fin de matinée dans l'emblématique stade d'Orlando, un des quartiers de Soweto.

Au contraire de la plupart de ses compagnons de lutte, la "Mère de la nation", ainsi qu'elle est surnommée, avait choisi de continuer à vivre dans ce township pauvre de Johannesburg, où elle avait rencontré Nelson Mandela en 1957 à un arrêt de bus.

L'autre facette de "Winnie"

Dans ce concert de louanges, il n'a pas été question de l'autre Winnie, celle qui s'est attirée la réprobation de certains de ses compagnons de route pour ses appels à la violence et les méthodes musclées de sa garde rapprochée.

En 1986, dans le township de Munsieville près de Johannesburg, elle avait lancé à la foule un véritable appel au meurtre en ces termes : "Ensemble, main dans la main, avec nos boîtes d'allumettes et nos colliers, nous libérerons ce pays". Une référence au supplice du pneu enflammé.

Cinq ans plus tard, Winnie Mandela avait été reconnue coupable de complicité dans l'enlèvement d'un adolescent, Stompie Seipei, décédé ensuite. Sa condamnation à six ans de réclusion avait été commuée, en appel, en deux ans de prison avec sursis.

Ces derniers jours, seul quelques rares personnalités, dont l'ancien président Thabo Mbeki, ont osé rappelé l'autre facette de "Winnie".

Le président Ramaphosa leur a une nouvelle fois répondu mardi en dénonçant "ceux qui, à l'intérieur ou à l'extérieur de nos frontières, ont cherché à diaboliser son personnage". "Elle n'a fait que servir le peuple d'Afrique du Sud", a-t-il tranché.

"Elle était le meilleur que nous puissions avoir", a renchéri mercredi une de ses arrière-petite-filles, aussitôt acclamée par le stade d'Orlando.

Winnie Mandela : une militante acharnée dans Vews du 03/04

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