Il y a 10 ans, le Kosovo proclamait son indépendance: retour sur une histoire mouvementée (vidéos)

Il y a dix ans, le Président de la République (Fatmir Sejdiu, à gauche) et le Premier ministre (Hashim Thaçi, à droite) kosovars de l'époque proclamaient l'indépendance de la province serbe.
Il y a dix ans, le Président de la République (Fatmir Sejdiu, à gauche) et le Premier ministre (Hashim Thaçi, à droite) kosovars de l'époque proclamaient l'indépendance de la province serbe. - © DANIEL MIHAILESCU - AFP

Ce 17 février 2018, cela fera dix ans que le Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance. Cette année-là, Hashim Thaçi, le Premier ministre de l'époque et actuel Président de la République, prononçait devant le Parlement kosovar le discours au terme duquel l'indépendance serait proclamée.

Retour en quelques dates-clés sur l'histoire de ce pays qui n'est pas reconnu par l'ensemble de la communauté internationale.

1996 : création de l'UÇK

L’armée de libération du Kosovo (UÇK) est composée principalement d'Albanais radicaux qui cherchent à ce que les relations entre la Serbie et le Kosovo passent sur le devant de la scène médiatique.

Actions contre la police, l'armée, mise en place de barrages routiers... des Serbes, mais aussi des Albanais proches du pouvoir de Belgrade seront assassinés. Les Serbes répliqueront avec des contre-mesures policières et militaires.

Le 6 mars 1998 débute la guerre du Kosovo

La majorité albanaise souhaite depuis longtemps que le Kosovo devienne une république, surtout depuis la mort du maréchal Tito en 1980. Belgrade refuse et va même réduire de plus en plus l'autonomie de la province.

Les tensions grandissent entre Serbes et Albanais. Ces tensions vont tourner à l'affrontement. Les forces serbes vont affronter l’armée de libération du Kosovo (UÇK) et les forces de l’OTAN.

Plusieurs centaines de milliers d'Albanais du Kosovo fuiront vers d'autres parties du Kosovo, vers la Macédoine ou l'Albanie.

Les hostilités cessent le 9 juin 1999

L’OTAN intervient militairement dans la région après l’échec des négociations de paix. Pour ce faire, ils décident de bombarder des positions serbes. C'est l'Opération "Allied Force".

But principal de l'opération : mettre fin aux actions militaires de Slobodan Milošević. Les forces serbes se retirent après 78 jours de bombardements.

La Serbie va perdre le contrôle sur le Kosovo. Le Conseil de sécurité des Nations unies place provisoirement la région sous administration de l’ONU.

Le cessez-le-feu sera toutefois très ténu...

10 décembre 2001 : premier Parlement élu démocratiquement

Malgré des incidents, la région placée sous administration internationale depuis la fin des combats inaugure son premier Parlement élu démocratiquement.

Questionnement autour du statut final du Kosovo

En février 2007, Martti Ahtisaari, ancien chef d’Etat finlandais, est envoyé spécial de l’ONU pour négocier entre Serbes et Albanais afin de discuter du statut de Kosovo.

Il propose de donner l’indépendance au Kosovo sous supervision internationale. La Russie, alliée de la Serbie, mettra son veto au rapport. Cependant, il est repris par les institutions provisoires pour asseoir l’indépendance du Kosovo.

17 février 2008 : le Kosovo proclame son indépendance

Hashim Thaçi, le Premier ministre de l'époque, déclare unilatéralement l’indépendance du Kosovo lors d’une session extraordinaire du Parlement des institutions provisoires du Kosovo.

Mi-avril : la Constitution est adoptée et prend effet le 15 juin 2008. On y retrouve la protection du droit des minorités et un gouvernement représentatif avec une représentation ethnique garantie.

Même si l’indépendance de la région est toujours contestée par la Serbie et une partie de la communauté internationale, 116 des 193 Etats-membres des Nations unies reconnaissent son indépendance. Selon la résolution 1244 de l’ONU, le Kosovo reste serbe en droit international, malgré sa déclaration unilatérale d’indépendance.

La déclaration ne viole pas le droit international

Le 22 juillet 2010, sur demande de la Serbie, la Cour internationale de justice déclare que la déclaration d’indépendance du Kosovo ne viole pas le droit international, mais elle ne qualifie pas le Kosovo comme un état.

Même s'il ne s'agissait pas d'avis contraignant, il était très attendu. En effet, suite au feu vert de la Cour internationale de justice, de nombreux autres pays ont reconnu l'existence de la république.

L'Allemagne appelle tous les Etats-membres de l'UE à reconnaître le Kosovo

L'Allemagne, par l'entremise de son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Guido Westerwelle, appelle l'ensemble de l'Union européenne à reconnaître l'existence du Kosovo indépendant, le 27 août 2010.

A ce moment-là, 22 des 27 Etats-membres de l'Union européenne reconnaissent le Kosovo. Depuis lors, l'Espagne, la Slovaquie, la Roumanie, la Grèce et Chypre n'ont toujours pas reconnu le Kosovo.

La Commission européenne propose la levée des visas

En mai 2016, la Commission européenne recommande la levée des visas pour les Kosovars. Ceux-ci pourraient voyager librement dans l'espace Schengen. Une décision qui a réjoui les habitants du Kosovo.

Toutefois, celle-ci n'est toujours pas effective. En septembre 2017, Federica Mogherini a déclaré que "le Kosovo se trouve dans une position idéale pour réaliser des progrès concernant les deux dernières conditions qui restent à remplir en vue de la libéralisation du régime des visas, à savoir ratifier l'accord sur la délimitation de la frontière avec le Monténégro et maintenir le bilan positif en matière de lutte contre la criminalité organisée et la corruption."

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