"Kill the Bill": en Grande-Bretagne, la colère contre les pouvoirs étendus de la police

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© AFP or licensors

Une manifestation contre un projet de loi renforçant les pouvoirs de la police a dégénéré vendredi soir à Bristol, dans l’ouest de l’Angleterre. Au slogan de ralliement "Kill the Bill" (Tuer la loi, en anglais, ndlr), un millier de personnes s’étaient rassemblées dans le centre de la ville, pour protester contre un projet de loi qui étend les pouvoirs de la police lors de rassemblements pacifiques.

Dix personnes ont été arrêtées dans la soirée pour violences et agression. Trois d’entre elles avaient déjà été arrêtées le dimanche précédent, après qu’une manifestation similaire qui avait elle aussi dégénéré, conduisant deux policiers à l’hôpital.

Kill the police bill

Samedi, les esprits se sont échauffés au tomber du jour, "des objets, dont des bouteilles en verre et des briques, ont été lancés sur les agents, des feux d’artifice ont été lancés sur notre section équestre et l’un de nos chevaux a été recouvert de peinture", a déclaré l’officier Mark Runacres dans un communiqué de la police d’Avon et du Somerset, dénonçant des "comportements violents inacceptables", de la part "d’une minorité " de manifestants.

Les esprits se sont échauffés au tomber du jour, "des objets, dont des bouteilles en verre et des briques, ont été lancés sur les agents, des feux d’artifice ont été lancés sur notre section équestre et l’un de nos chevaux a été recouvert de peinture", a déclaré l’officier Mark Runacres dans un communiqué de la police d’Avon et du Somerset, dénonçant des "comportements violents inacceptables", de la part "d’une minorité " de manifestants.

La colère de ces derniers est dirigée depuis plusieurs jours contre l’adoption d’une nouvelle loi sur la fonction de police, un mammouth législatif, selon la presse britannique, appelé " Police, crime sentencing and courts bill " par les parlementaires.

Ce qui fâche les manifestants, c’est tout d’abord la plus grande latitude pour les agents de police d’intervenir pour stopper des rassemblements en cours, les limiter et verbaliser les participants. Malgré l’interdiction des rassemblements de masse en Angleterre à cause de la pandémie de coronavirus, plusieurs autres manifestations pour protester contre le projet de loi prévoyant d’accroître les pouvoirs de la police se sont aussi déroulées samedi, notamment à Londres, Manchester, Sheffield et Nottingham.

Le meurtre de Sarah Everard

Le Premier ministre Boris Johnson a dénoncé dans un tweet des "attaques honteuses perpétrées à l’encontre des officiers de police".

"Nos officiers ne devraient pas avoir à faire face à des briques, des bouteilles et des feux d’artifice lancés sur eux par une foule déterminée à faire preuve de violence et à causer des dommages matériels", a-t-il martelé, apportant son "soutien total" à la police et à la ville.

La colère couve depuis plus d’une semaine en Grande-Bretagne, et elle a surtout été nourrie par une affaire de féminicide qui a choqué l’opinion. L’affaire "Sarah Everard", du nom d’une jeune femme agressée et tué par un officier de police à Brixton, avait secoué l’opinion dans le pays.

Mais les manifestations qui avaient été organisées il y a deux semaines pour dénoncer le manque de mesures contre de tels crimes ont justement buté contre les interdictions policières. Celles-ci étaient officiellement motivées par les mesures anti-covid dans le pays, mais ces interdictions ont surtout ulcéré une partie de la population, pour qui la police ne tient pas assez en compte des traitements et des agressions sont victimes les femmes. Des protestations ont eu lieu tout au long de la semaine, et, mardi, à Bristol, des heurts avaient déjà eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre. La police y avait déjà procédé à dix arrestations dimanche, et à quatorze autres mardi dernier.

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