"Kidnappings" de manifestants par des agents fédéraux aux Etats-Unis: les démocrates dénoncent la "stratégie de la peur" de Donald Trump

"Kidnappings" de manifestants par des agents fédéraux aux Etats-Unis: les démocrates dénoncent la "stratégie de la peur" de Donald Trump
"Kidnappings" de manifestants par des agents fédéraux aux Etats-Unis: les démocrates dénoncent la "stratégie de la peur" de Donald Trump - © ANKUR DHOLAKIA - AFP

Les arrestations sommaires de manifestants effectuées par des agents fédéraux américains, circulant dans des véhicules banalisés, à Portland ont suscité de vives critiques samedi à tous les échelons du camp démocrate, du maire de la ville comme de la gouverneure de l'Oregon à la Chambre des représentants.

Le président Donald Trump a envoyé, contre la volonté de la ville et de l'État d'Oregon, des agents fédéraux dans le centre de Portland. Depuis plusieurs jours, ceux-ci circulent en civils et arrêtent des manifestants sans préciser les motifs de leur arrestation, s'est indignée la gouverneure Kate Brown. "C'est inacceptable", a-t-elle souligné auprès de la chaîne MSNBC, demandant que ces agents se replient.

Le gouvernement de Donald Trump invoque son droit à protéger un tribunal fédéral situé dans la zone pour y déployer ses agents. L'administration Trump avait déjà qualifié de "terroristes" les instigateurs des émeutes survenues après la mort à Minneapolis de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc. Sa mort a provoqué un mouvement de colère inédit depuis les années 1960 aux États-Unis contre le racisme et les violences policières, qui s'est propagé dans le monde entier, avec des manifestations aux cris de "Black Lives Matter" (les vies noires comptent).

Le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis Chad Wolf a également défendu la présence d'agents fédéraux, déployés pour ramener le calme contre de "violents anarchistes", selon lui.

Kidnapper des manifestants à bord de voitures banalisées

La présidente (démocrate) de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a durement critiqué cette mesure dans une déclaration publiée samedi soir et signée également par le représentant démocrate de l'Oregon à la Chambre, Earl Blumenauer. "Le mois dernier, l'administration a usé de gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques à Washington. Aujourd'hui, des images la montrent en train de kidnapper des manifestants à bord de voitures banalisées à Portland", a écrit Mme Pelosi. Cette dernière et M. Blumenauer ont promis d'agir rapidement à la Chambre pour mettre un terme à cet "abus de pouvoir flagrant".

La ministre de la Justice d'Oregon, Ellen Rosenblum, a par ailleurs intenté une action en justice devant une cour fédérale dans le but d'interdire ce déploiement d'agents fédéraux. "Le gouvernement fédéral a jeté son dévolu sur Portland pour imposer sa stratégie de la peur. Tout citoyen américain devrait être révulsé par ce qu'il est en train de se passer", a-t-elle déclaré.

"Monsieur le président, il s'agit d'une attaque à l'encontre de notre démocratie", a également tweeté vendredi le maire de Portland, Ted Wheeler. La présence de forces paramilitaires, pour lesquelles il n'est même pas clair en quel nom ils agissent et qui ne portent pas de badges, n'a fait que provoquer une escalade lors des manifestations, a-t-il ajouté.

La police de Portland a confirmé vendredi que les forces de l'ordre fédérales ont bien utilisé du gaz lacrymogène.

 

États-Unis: le maire de Portland veut le départ des troupes fédérales (sujet du JT du 20 juillet)

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