Kenya: Qui pour sauver les rhinocéros blancs du Nord ? La Science pourrait avoir la solution

Sudan, le dernier rhinocéros blanc du Nord, est mort en mars dernier au Kenya
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Sudan, le dernier rhinocéros blanc du Nord, est mort en mars dernier au Kenya - © charlotte simonart

Les premières fécondations in vitro sont en passe d’être réalisées chez le rhinocéros blanc. Des embryons viennent d’être créés. Objectif : sauver le rhinocéros blanc du Nord. Une sous-espèce dont il ne reste que deux femelles sur Terre.

C’était en mars dernier, au centre du Kenya, dans le parc d’Ol Pejeta. Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, a été euthanasié à 45 ans par une équipe de vétérinaires pour abréger des années de souffrance. Il laisse derrière lui Najin et Fatu (respectivement sa fille et sa petite-fille) avec qui les tentatives d’accouplement ont toujours échoué. Elles vivent aujourd’hui surveillées 24h sur 24 par des rangers dans le parc d’Ol Pejeta.

Cette sous-espèce est vouée à une extinction certaine, victime dans les années 60 et 70 du braconnage de masse, facilitées par les guerres successives dans ses territoires traditionnels (République centrafricaine, Tchad, République démocratique du Congo, actuel Soudan du Sud). L’Afrique comptait 2000 rhinocéros blancs du Nord il y a 100 ans. Dans les années 80, ils n’étaient déjà plus que 15.

Mais la science pourrait bien retarder cette fatalité grâce à ce qui serait alors un exploit : la fécondation in vitro, jamais réalisée chez les rhinocéros. L’espoir est permis depuis que sept embryons ont été créés ces dernières semaines grâce aux spermatozoïdes de Sudan congelés avant sa mort et aux ovules prélevés chez des femelles de l’autre sous-espèce, des rhinocéros blancs du Sud. Si les embryons sont à ce jour hybrides (mélange des 2 sous-espèces), cette étape est cruciale. Les scientifiques espèrent voir naître le premier bébé rhino éprouvette d’ici trois ans, le temps de maîtriser une technique jusqu’ici inédite.

Pour créer un rhinocéros blanc du Nord "pur", il faudrait prélever les ovules des deux femelles survivantes, Najin et Fatu. Toutes deux sont propriété du gouvernement kenyan et lui seul peut l’autoriser. L’opération est délicate et pourrait les mettre en danger, Najin et Fatu souffrant d’une santé fragile. Mais les scientifiques sont optimistes et le Kenya devrait bientôt permettre le prélèvement de leurs ovules. Pour ce faire, les scientifiques ont mis au point une technique nouvelle et créé un outil spécifique de deux mètres de long, nécessaire chez le rhinocéros blancs à l’anatomie particulière.

Pour autant, les rhinocéros blancs du Nord ne sont pas encore sauvés. La fécondation in vitro pourrait ne pas marcher et une espèce peut difficilement se régénérer à partir d’une poignée d’individus. Leur patrimoine génétique serait forcément modifié. Mais cette prouesse scientifique, si elle aboutit, est un espoir dans la lutte pour la conservation des rhinocéros dans leur ensemble. Un animal menacé d’extinction à cause du braconnage pour leurs cornes aux prétendues vertus médicinales très prisées en Asie. Il reste moins de 30.000 rhinocéros à l’état sauvage aujourd’hui, contre un million il y a 200 ans.

Archives: des vétérinaires se relaient 24h/24 pour sauver le dernier rhinocéros blanc du Nord -Brut. du 09/03/2018

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