Kaliningrad, enclave stratégique pour la Russie, à un jet de pierre des pays de l'OTAN

Troupes russes attendant la parade en l'honneur de la flotte de la Baltique - Baltiisk
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Troupes russes attendant la parade en l'honneur de la flotte de la Baltique - Baltiisk - © RTBF

Être la région la plus à l'ouest de la Russie confère à l'enclave de Kaliningrad une position stratégique très particulière. Depuis 2014 et l'annexion de la Crimée par la Russie, la situation s'est largement tendue avec les pays de l'OTAN.

Aborder le sujet de la présence militaire russe dans la région est un sujet tabou, notre demande d'interview avec un représentant des Affaires étrangères a été annulée au dernier moment. Sans explications.

"Des militaires ? Il n'y en a pas tellement"

Aucune autorité n'accepte d'aborder ouvertement ce sujet, il est même impossible de savoir combien de militaires russes sont présents dans l'enclave. Tout cela serait une sorte d'exagération fabriquée par les Occidentaux selon Alexander Roblinov, vice-président de la région de Kaliningrad.

"À l'ouest, vous avez une vision très exagérée de la présence militaire, ici, à Kaliningrad, affirme-t-il. Je constate, comme vous, que je ne vois pas de militaires partout dans les rues. Bien sûr, il y a des écoles militaires et des casernes, ce genre de choses... comme partout ailleurs, mais il n'y en a pas tellement."

Voila qui étonne alors que, il y a quelques mois, la Russie a annoncé officiellement que des missiles Iskander, pouvant transporter des charges nucléaires, étaient déployés dans l'enclave de Kaliningrad.

Avec leurs 500 kilomètres de portée, le message envoyé aux pays voisins appartenant à l'OTAN semble pourtant clair. Pour tenter de prendre la mesure de cette présence militaire russe à une centaine de kilomètres à peine de l'Union européenne, nous quittons le centre ville de Kaliningrad.

Baltiisk, ancienne ville interdite aux civils

Direction Baltiisk, au bord de la mer Baltique. C'est effervescence sur la place de la petite localité de 30.000 habitants ce jour-là. Un millier de soldats répètent une parade militaire en honneur de la flotte de la Baltique. Ils chantent à tue tête leur amour pour la mère patrie, mais les mouvements ne sont pas encore parfaits, alors il faut recommencer plusieurs fois.

Pendant toute la période soviétique, Baltiisk était ce que l'on appelle une ville fermée, peuplée de militaires et interdite aux civils n'ayant pas reçu une autorisation bien spécifique de la part de l'Armée rouge. Une culture du secret militaire qui est loin d'avoir disparu. Exceptionnellement, une dizaine de navires de guerre ont accosté dans le port au moment de notre passage. En tant normal, ils sont plutôt cachés aux yeux du public.

Rouverte au reste du monde il y a quelques années, Baltiisk est la ville la plus à l'ouest de toute la Russie, une base navale stratégiquement très importante. Les pays de l'OTAN sont vraiment très proches, à peine plus d'une centaine de kilomètres pour certaines villes polonaises ou lituaniennes.

Et puis Baltiisk, avec Kaliningrad, est l'un des deux seuls ports russes de la mer Baltique qui reste libre de glace toute l'année. Sur la route qui nous ramène vers la capitale de la région, nous croisons une petite dizaine de casernes et autres bases militaires. Au dessus des hauts murs surplombés de barbelés, on devine parfois des centaines de véhicules kaki.

La présence militaire russe à Kaliningrad est donc bien perceptible, contrairement à ce qu'affirment ou tentent de cacher les autorités. Les habitants de Kaliningrad prétendent ne pas ressentir cette présence militaire au quotidien.

 

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