Kabila: la RDC "pas du tout complexée" par son niveau de démocratie

Joseph Kabila et François Hollande n'ont pas la même vision du "niveau démocratique" de la République démocratique du Congo (RDC) .
Joseph Kabila et François Hollande n'ont pas la même vision du "niveau démocratique" de la République démocratique du Congo (RDC) . - © BELGA / BENOIT DOPPAGNE

Le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila a déclaré dimanche à Kinshasa que son pays n'était "pas du tout complexé" par son "niveau de démocratie". Une déclaration qui répond à celle du président français François Hollande qui l'avait jugé "tout à fait inacceptable".

"La République démocratique du Congo, notre pays, est fier de la démocratie exercée dans ce pays. La RDC n'est pas du tout complexée par le niveau de démocratie, de liberté, de la situation des droits de l'homme", a affirmé le chef de l'Etat congolais devant la presse, en clôture du 14ème sommet de la Francophonie.

La réponse du berger à la bergère

François Hollande avait affirmé que la situation en RDC était "tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition", et s'était fait l'avocat des droits de l'homme auprès de Joseph Kabila qu'il avait rencontré samedi, avant l'ouverture du sommet.

François Hollande s'était aussi affiché à Kinshasa avec des représentants de la société civile et avec le principal opposant, Etienne Tshisekedi, qui conteste la victoire du président Kabila aux élections de 2011.

"Qui a peur"?

Josep Kabila a assuré que pour dresser un tel bilan, il fallait poser trois questions, "Qui avait supprimé la démocratie dans ce pays? Qui avait rétabli la démocratie dans ce pays? Qui a peur de la démocratie en RDC? ".

"Je n'aurai pas le temps de donner une réponse à chaque question", a-t-il conclu, très sûr de lui, comme pour trancher le débat. Il faisait notamment allusion aux 32 ans de dictature du maréchal Mobutu Sese Seko, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, son père.

Au côté de Joseph Kabila à la conférence de presse, la ministre française de la Francophonie, Yamina Benguigui, a dû répondre à une question d'un journaliste burkinabè qui ironisait sur "le jeu du chat et de la souris" joués par la France et la RDC sur la question des droits de l'homme.

"Il n'y a pas de jeu", a répondu Mme Yamina Benguigui. Elle a présenté la RDC comme un "immense pays avec une jeune démocratie" et a ajouté: "si l'on peut apporter un peu plus sur la situation des droits de l'homme, ce pays, déjà très grand, sera beaucoup plus fort".

Auparavant, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, avait vanté "une Francophonie populaire et enthousiaste" en RDC.

Dans une résolution - non contraignante - sur la situation en RDC, la Francophonie a condamné dimanche, "les violations massives des droits de l'homme et du droit humanitaire dans l'Est de la RDC, en particulier les meurtres de civils, le déplacement de populations, le recrutement d'enfants soldats et les Joseph Kabila a affirmé à ce propos: "Les violations des droits de l'homme, principalement à l'est du pays, sont dues à la guerre qui nous est imposée depuis maintenant sept ou huit mois dans le territoire de Rutshuru (est) et plusieurs localités" de la province du Nord-Kivu.

Belga

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