Journée mondiale des réfugiés : quatre chiffres qui donnent le ton

Le camp de réfugiés Rohingyas de Kutupalong, au Bangladesh, près de la frontière avec le Myanmar (Birmanie), l'un des principaux pays de départ en 2019.
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Le camp de réfugiés Rohingyas de Kutupalong, au Bangladesh, près de la frontière avec le Myanmar (Birmanie), l'un des principaux pays de départ en 2019. - © SUZAUDDIN RUBEL - AFP

Ce 20 juin, c’est la journée mondiale des réfugiés. Et cette édition est celle des superlatifs. Les chiffres de 2019 de l’UNHCR (le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) sur les "tendances mondiales" sont saisissants : ils confirment les tendances des années précédentes mais dans une ampleur inédite.

Quatre chiffres-clés, pour s’en faire une idée.

  • 1% des humains vivent un déplacement forcé

Aujourd’hui, la planète compte 79,5 millions de personnes déplacées de force, face à un conflit, la persécution ou tout autre événement bouleversant l’ordre public : c’est un humain sur 97, compte l’UNHCR.

Ce nombre a presque doublé en une décennie, passant de 41 millions en 2010 à 79,5 millions aujourd’hui : une ampleur sans précédent.

  • 2/3 des personnes déplacées viennent de 5 pays

La majorité des personnes déplacées aujourd’hui vivent toujours dans leur pays. Mais 26 millions de personnes se sont réfugiées hors de leurs frontières : des départs vers d’autres pays en développement pour plus de 8 personnes sur 10, en particulier vers un pays voisin pour 7 personnes sur 10.

Les déplacés qui ont trouvé refuge hors de leur pays viennent aujourd’hui principalement, à 68% d’entre eux, de 5 Etats : la Syrie, le Venezuela, l’Afghanistan, le Soudan du Sud et le Myanmar (Birmanie).

Les principaux pays hôtes où arrivent ces réfugiés sont, à l’exception de l’Allemagne, les voisins d’Etats en crise.


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La Syrie, dans sa 10e année de guerre, reste le premier pays d’origine des personnes déplacées : l’UNHCR estime à 13,2 millions le nombre de Syriens qui ont dû prendre la route, 6,6 millions étant réfugiés à l’étranger, principalement en Turquie, et plus de 6 millions étant déplacés à l’intérieur de la Syrie.

En 2019, d’autres crises spécifiques ont fait gonfler le nombre de personnes contraintes à fuir. La dégradation de la situation en République Démocratique du Congo, dans le Sahel (Mali, Burkina Faso) ou au Yémen a suscité des vagues préoccupantes de déplacements. La situation au Venezuela a aussi contribué à cette augmentation annuelle.

  • Le nombre de retours a diminué : 385.000 personnes par an

Le nombre de personnes en déplacement forcé n’a jamais été aussi élevé or les chances de rentrer chez soi sont plus minces qu’avant, épingle l’UNHCR.

"Dans les années 1990, 1,5 million de réfugiés en moyenne pouvaient rentrer dans leur pays d’origine chaque année. Au cours de la dernière décennie, ce chiffre est passé à environ 385.000, attestant d’une croissance des déplacements très supérieure aux solutions", lit-on dans le rapport "tendances mondiales" de l’agence onusienne.

"Nous assistons à un changement de réalité où les déplacements forcés sont à la fois beaucoup plus fréquents, et où le phénomène n’est plus à court terme et transitoire", déclare le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

A défaut de retour au pays, parvenir à s’ancrer dans le pays hôte n’est pas simple non-plus. L’UNHCR estime que "80% des personnes déracinées à travers le monde se trouvent dans des pays ou des territoires affectés par l’insécurité alimentaire et la malnutrition aiguë, dont de nombreux pays confrontés aux risques climatiques et aux catastrophes naturelles".

  • 40% des personnes déplacées sont des enfants

30 à 34 millions de ces personnes déplacées ont moins de 18 ans, estime l’UNHCR : c’est l’équivalent de trois fois la population belge. Parmi eux, quelque 150.000 mineurs non-accompagnés ou séparés de leurs familles.

La pyramide des âges révèle, par ailleurs, un autre phénomène interpellant : selon les chiffres de l’UNHCR, la proportion de personnes déracinées âgées de 60 ans ou plus (en moyenne, 4%) est très inférieure à celle de la population mondiale (12%). Ce qui témoigne d’une espérance de vie inférieure et/ou de séparations au moment du départ.

Derrière ces données mondiales et leurs causes transversales (conflits, persécutions, changements climatiques, insécurité alimentaire…), il y a autant de situations particulières, à suivre régulièrement sur ce site ou via le monitoring du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

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