Syrie: la journaliste française blessée demande une évacuation "au plus vite"

 

"J'ai la jambe cassée au niveau du fémur (...). J'ai besoin au plus vite d'être opérée", déclare Edith Bouvier, reporter au Figaro, qui apparaît allongée, calme et souriante avec à ses côtés un photographe français, William Daniels.

"J'ai besoin au plus vite de la mise en place d'un cessez-le-feu, d'une voiture médicalisée ou en tout cas en bon état qui me conduise jusqu'au Liban".

Consultez la vidéo ci-dessous.
 
Journalistes tués à Homs: le gouvernement syrien rejette les accusations

Le régime syrien rejette toute responsabilité dans la mort des deux journalistes étrangers tués dans un bombardement de la ville rebelle de Homs, estimant qu'ils étaient entrés sur le territoire "sous leur propre responsabilité".

"Nous refusons les déclarations qui font endosser à la Syrie la responsabilité de la mort de journalistes qui se sont infiltrés sur son territoire sous leur propre responsabilité", a annoncé le ministère des Affaires étrangères, cité par la télévision d'Etat.

"Le ministère des Affaires étrangères réaffirme la nécessité pour les journalistes de respecter les règles du travail journalistique en Syrie et d'éviter les infractions en entrant (ndlr: clandestinement) en territoire syrien pour accéder à des zones qui connaissent des troubles et qui ne sont pas sûres", poursuit le ministère.

Cette déclaration survient au lendemain de la mort à Homs de deux journalistes, l'Américaine Marie Colvin, grand reporter du Sunday Times, et le Français Rémi Ochlik, photographe à l'agence IP3 Press, dans le pilonnage d'une maison transformée en centre de presse. Au moins trois autres journalistes ont été blessés. 

Les reporters ont-ils été délibérément visés?

Selon des militants syriens, les deux journalistes sont morts dans le bombardement d'un appartement transformé en centre de presse.

Plusieurs détails troublants indiquent que les deux reporters tués ont délibérément été visés par l'armée syrienne. Alfred de Montesquiou, grand reporter pour Paris Match, qui avait couvert le conflit syrien aux côtés de Rémi Ochlik témoigne : "On était effectivement ensemble la semaine dernière en Syrie, c'était très tendu, très dangereux. On était dans une ville qui s'appelle Zabadani qui a été reprise par l'armée, du coup, il a fallu qu'on évacue en traversant les montagnes à pied, de nuit, dans la neige et tout ça. Du coup, le patron de Paris Match, Olivier Royan, a mis son véto à ce qu'on continue à Homs et Rémi qui est free-lance, est retourné au nord du Liban, puis ils sont arrivés à Homs, voilà, c'est un peu une formule toute faite mais c'est vrai, c'était vraiment un très grand professionnel". 

On ignore où se trouvent les corps des deux journalistes et quel est le sort des blessés, parmi lesquels Edith Bouvier, la journaliste française blessée mercredi aux jambes à Homs, selon le quotidien Le Figaro pour lequel elle travaille. Les blessures subies par Edith Bouvier nécessitent une intervention chirurgicale, car il semble qu'elle ait des fractures avec déplacements, a indiqué à l'AFP un responsable du Figaro qui est en contact avec les services du ministère français des Affaires étrangères et la Croix Rouge pour parvenir à son évacuation.

De son côté, l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) tentait jeudi matin de joindre ses contacts à Homs. "Comme les bombardements sont particulièrement intenses, personne ne peut monter sur les toits pour utiliser les téléphones satellitaires", explique un porte-parole de RSF.

De fortes restrictions sont imposées par le régime syrien aux journalistes étrangers pour l'obtention d'un visa et pour les déplacements dans le pays. 

"Explosions terrifiantes, effroyables" à Homs

Jeudi matin, les quartiers rebelles de la ville de Homs ont de nouveau été violemment bombardés par les forces du régime syrien pour le 20e jour consécutif.

Dans le quartier de Baba Amr, où ont été tués mercredi les deux journalistes, le Français Rémi Ochlik et l'Américaine Marie Colvin, "on entend des explosions terrifiantes, effroyables", rapporte de son côté Hadi Abdallah, un militant local de la "Commission générale de la révolution syrienne".

"Aujourd'hui, nous n'arrivons pas à joindre une dizaine de militants, ni via Skype (téléphone par internet), ni via Thuraya" (téléphone satellitaire), précise ce militant.

Plus de 60 morts jeudi dans les violences, en majorité des civils 

Plus de 60 personnes ont péri dans les violences jeudi en Syrie, en majorité des civils tués dans la répression de la révolte populaire, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

Parmi les victimes figurent 13 membres d'une même famille tués dans le village de Kafar al-Ton, dans la province de Hama (centre), pris d'assaut par les forces du régime, ainsi que trois enfants et 16 soldats et membres des services de sécurité à travers le pays, selon l'OSDH.

 

RTBF avec agences
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