"Jour de colère" en Cisjordanie, plus de 800 morts dans la bande de Gaza

Selon un bilan des services d'urgence de Gaza publié vendredi, 815 Palestiniens ont été tués et 5240 blessés. Plusieurs ONG estiment qu'environ 80% des Palestiniens tués sont des civils, dont de nombreux femmes et enfants. Unicef estime à 181 le nombre de mineurs ayant perdu la vie dans ce conflit.

De son côté, avec 32 morts, l'armée israélienne, n'avait jamais subi autant de pertes depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Deux civils israéliens et un ouvrier agricole thaïlandais ont été tués par des roquettes.

Le conflit, entré vendredi dans sa 18ème journée, est le plus meurtrier entre les deux camps depuis 2009. La journée de jeudi a été la plus sanglante avec près de 100 Palestiniens tués rien que pour cette journée.

Alors que la phase terrestre de cette opération entre dans sa deuxième semaine, l'armée a annoncé vendredi matin avoir frappé depuis le début des hostilités à Gaza 2429 cibles, rampes de lancements de roquettes, centres de commandement ou ateliers de fabrication d'armes et tunnels destinés à lancer des attaques au cœur d'Israël.

"Jour de colère" en Cijordanie, quatre Palestiniens morts

Le conflit menace désormais d'embraser la Cisjordanie où quatre Palestinien ont été tués par balles, lors de scènes réminiscences des deux précédentes intifadas (1987-1991 et 2000-2005).

A l'occasion du dernier vendredi du mois de ramadan, les principales organisations palestiniennes avaient appelé à un "jour de colère" en Cisjordanie pour protester contre l'opération militaire israélienne dans la bande de Gaza.

Selon une des sources sécuritaires palestiniennes, la fusillade de Naplouse est survenue lors d'une manifestation après la prière hebdomadaire, quand des fidèles musulmans ont jeté des pierres sur des colons qui circulaient en voiture.

Ceux-ci ont répliqué en ouvrant le feu, tuant un homme de 18 ans. L'armée israélienne est alors arrivée et a ouvert le feu sur les manifestants palestiniens, tuant un autre homme de 22 ans, et en en blessant trois autres par balles.

Selon la radio de l'armée israélienne, c'est une femme du groupe de colons qui a tiré. Interrogée à ce propos, une porte-parole israélienne s'est bornée à confirmer que "des colons avaient été impliqués" dans des violences.

Dans un autre incident, deux Palestiniens de 30 et 46 ans ont également été tués par des tirs de soldats israéliens dans le village de Beit Ommar, près d'Hébron, selon des sources médicales palestiniennes.

Huit Palestiniens ont été tués ces derniers jours en Cisjordanie où des manifestations contre l'opération militaire israélienne à Gaza donnent lieu à des heurts de plus en plus violents avec les forces de sécurité israéliennes.

Le Hamas revendique 3 tirs de roquettes vers l'aéroport de Tel-Aviv

Le Hamas a revendiqué vendredi le tir de trois roquettes à longue portée vers l'aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv, en Israël, alors que le trafic aérien international y reste perturbé après la chute d'une roquette à proximité mardi dernier. 

La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, "a lancé trois roquettes de type M75 à 11H45 locales (08H45 GMT) en direction de l'aéroport Ben Gourion", selon un communiqué.

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne s'est bornée à confirmer que "deux roquettes avaient été interceptées au-dessus de la métropole de Tel-Aviv".

L'Union européenne pour une enquête

L'organisation mondiale de la santé (OMS) appelle, de son côté, "à la création d'un corridor humanitaire destiné à permettre l'évacuation des blessés mais aussi l'entrée de médicaments".

Selon l'institution onusienne, quatre hôpitaux, douze cliniques et un centre pour handicapés ont été endommagés depuis le début de l'offensive.

L'Union européenne, elle, a appelé vendredi à une "enquête rapide" sur le tir d'obus israélien contre une école de l'ONU, qui a fait 15 morts et 200 blessés jeudi. "Nous appelons à une enquête immédiate et complète sur cet incident", a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole du service diplomatique de l'UE. C'est la quatrième fois que l'Agence pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) subit des tirs, a souligné la porte-parole, qui a "appelé toutes les parties à respecter l'inviolabilité et l'intégrité de l'Unrwa".

Pause humanitaire demandée par l'ONU

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé vendredi à une "pause humanitaire" immédiate à Gaza jusqu'à la fin de la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marquera la fin du ramadan la semaine prochaine. "En ce dernier vendredi de ramadan, j'appelle à une pause humanitaire immédiate et inconditionnelle dans les combats à Gaza et en Israël", qui "durerait toute la période des fêtes de l'Aïd el-Fitr", a déclaré Ban Ki Moon dans un communiqué publié par son bureau.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a annulé une visite prévue en France et est parti vendredi au Qatar, pour aider à la négociation d'une trêve des combats entre Israël et le Hamas à Gaza, a annoncé un responsable turc.

Ahmet Davutoglu a pris sa décision après "une téléconférence avec ses homologues américain et qatari hier (jeudi) soir et après avoir parlé, séparément, avec des responsables des groupes palestiniens", a déclaré ce responsable à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Jeudi, le secrétaire d’État américain John Kerry avaient appelé la Turquie et le Qatar, proches du Hamas, à faire pression sur leur allié palestinien pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza, avait annoncé un responsable américain.

John Kerry s'est entretenu avec ses homologues de ces deux pays depuis Le Caire, où il est revenu après une journée en Israël et dans les Territoires palestiniens, et a également appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a indiqué ce responsable.

Les efforts pour une trêve se poursuivent

Le secrétaire d’État américain John Kerry a rencontré vendredi au Caire le secrétaire général de l'ONU et le ministre égyptien des Affaires étrangères, au moment où la pression monte pour parvenir à un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, ont annoncé des responsables.

La rencontre entre John Kerry, Ban Ki-moon et Sameh Choukri a duré environ une demi-heure. Le chef de la diplomatie américaine a indiqué qu'il s'exprimerait plus tard dans la journée devant les journalistes, ce qui pourrait être le dernier acte de sa mission d'une semaine dans la région.

De son côté, le cabinet de sécurité israélien doit se réunir ce vendredi en début d'après-midi autour du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour étudier une proposition de cessez-le-feu transmise par le secrétaire d'Etat américain John Kerry qui a prévenu jeudi que des "divergences persistaient" entre les belligérants, selon les médias israéliens.

"Ce qui se dessine, serait une trêve humanitaire de sept jours pour permettre à toutes les parties de venir discuter au Caire", a expliqué à l'AFP un proche du président palestinien Mahmoud Abbas.

Le mouvement islamiste palestinien pose comme condition sine qua non à une trêve la levée de ce blocus qui asphyxie depuis 2006 cette minuscule bande de territoire où le quotidien d'une grande partie des 1,8 million d'habitants dépend largement de l'aide humanitaire. "Nous voulons un cessez-le-feu aussi vite que possible, mais en parallèle avec la levée du blocus de Gaza", a répété dans un entretien à la BBC, le chef du Hamas Khaled Mechaal, en exil au Qatar.

Confrontés aux critiques croissantes à mesure que le tribut payé par les civils palestiniens s'alourdit, les responsables israéliens affichent leur détermination : ils veulent réduire à néant la puissance de feu du Hamas et de son allié du Jihad islamique, objectif prioritaire de l'opération "Bordure protectrice" lancée le 8 juillet.

Rappelons que jeudi soir le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré : ​"Je dis aux parties, aux Israéliens comme au Hamas et aux Palestiniens, qu'il est moralement condamnable de tuer son propre peuple. Maintenant il est temps de s'asseoir autour d'une table au lieu de se tuer"

RTBF avec AFP et Reuters

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