Jordanie: la reine Mathilde en visite dans le camp de réfugiés de Zaatari

C'est le plus grand camp de réfugiés du Proche-Orient. La reine Mathilde était en visite à Zaatari en Jordanie où vivent 80 000 réfugiés syriens. Une première pour la reine qui a voulu réaffirmer par sa présence l'attention que porte la Belgique à la crise humanitaire qui frappe les réfugiés syriens.

La reine Mathilde n'est pas du genre à garder ses distances. En visite dans une des cinq cliniques qui soignent les réfugiés syriens de Zaatari, elle pose des questions sur la santé des femmes et des enfants, majoritaires dans le camp. Spontanément, une réfugiée à qui les médecins administrent une aide respiratoire, pose la main sur la poitrine de la reine, en guise de reconnaissance. Dans ce contexte humanitaire difficile, plus de place pour le protocole.

2000 consultations par jour

Envahie par les photographes et les journalistes qui suivent la reine de Belgique, la clinique gérée par le Haut commissariat aux réfugiés tente ce lundi matin de poursuivre normalement ses consultations. 2000 patients en moyenne par jours. Accessible 24h sur 24 et 7 jours sur 7, elle est la seule à posséder une salle d'urgence.

Dans la salle d'attente, ticket numéroté en mains, une réfugiée syrienne attend son tour. "Aujourd'hui je viens chercher des médicaments pour mon mari qui a du diabète et quand les enfants sont malades je viens les soigner ici".

10 millions d'euros

La Belgique investit dans la santé des réfugiés syriens. En tout 10 millions d'euros d'aide humanitaire ont été affectés à la Jordanie. Dans le camp de Zaatari où vivent 80 000 réfugiés syriens chaque contribution est la bienvenue car les défis sont encore considérables.

Devant un bâtiment, deux gigantesques files s'étirent. D'un côté les hommes, de l'autre les femmes, Selma, une jeune mère de famille syrienne, attend sous le soleil depuis 7 heures du matin. "Je viens chercher de l'argent pour acheter du gaz pour me chauffer car l'hiver arrive".

Scan oculaire

Pour accélérer l'attribution de cette maigre aide financière, le camp utilise depuis peu le scan oculaire. Chaque réfugié s'approche, ses yeux sont photographiés, si la reconnaissance est établie, il reçoit son argent, entre 60€ et 120€ par mois selon la taille de la famille. Une technologie financée en partie par de l'argent belge et qui allège le quotidien des réfugiés.

"Au début du camp c'était difficile de distribuer l'aide financière à tout le monde car on devait vérifier chaque identité", explique Nida Yassin du Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies, "maintenant que nous avons la technologie du scan oculaire on est tout de suite capable de dire si la personne a droit à son argent chaque mois."

De l'argent plutôt que des dons de nourriture, selon Alexander De Croo, ministre belge de la Coopération au développement qui accompagne la reine dans sa visite de terrain, "donner un pouvoir d'achat aux réfugiés, c'est favoriser l'économie locale jordanienne qui en a besoin".

Cinquième hiver

Créé pendant l'été 2012, Zaatari n'était encore qu'un désert, aujourd'hui il est la quatrième plus grande ville de Jordanie. Le camp de réfugiés possède désormais une rue commerçante.

Les préfabriqués ont remplacé les tentes et sont connectés à l'électricité. Sur le pas de sa porte, une syrienne nous explique qu'elle se prépare à son cinquième hiver loin de chez elle. "On réfléchit à mettre du zinc sur le toit à la place des bâches car la pluie tombe sur nous. En plus il y a les câbles électriques qui passent, on a peur d'être électrocuté. On réfléchit à améliorer notre maison."

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