John McCain attendu pour la dernière fois au Capitole américain

John McCain lors de sa campagne pour la présidence américaine, le 13 février 2008 à Washington
3 images
John McCain lors de sa campagne pour la présidence américaine, le 13 février 2008 à Washington - © Saul LOEB

Le Congrès américain et la capitale des Etats-Unis rendent vendredi un hommage solennel et rare au sénateur John McCain, ex-candidat républicain à la présidentielle et ancien pilote de chasse torturé au Vietnam qui a profondément marqué, avec son style franc-tireur, son pays au-delà des barrières idéologiques.

"John McCain a dominé notre époque, non seulement par ce qu'il a accompli mais par ce qu'il était et ce pour quoi il s'est battu toute sa vie", a déclaré le chef des républicains au Congrès, Paul Ryan. "Il figurera toujours sur la liste des serviteurs les plus courageux et fidèles de la liberté."

L'honneur qui lui est rendu sous la coupole du Capitole est "rare", réservé aux grands personnages de l'histoire des Etats-Unis comme John F. Kennedy ou Rosa Parks, souligne-t-il. Son cercueil reposera sur un catafalque en bois façonné pour le président Lincoln.

Accompagnée par sa mère âgée de 106 ans, Roberta, de ses sept enfants et de son épouse Cindy, la dépouille de John McCain entrera peu avant 11H00 (15H00 GMT) pour la dernière fois au Congrès, sa deuxième maison pendant plus de trente ans.

Sénateurs, élus de la Chambre et gouverneurs, démocrates et républicains, ainsi que des diplomates, sont attendus dans la rotonde.

Les chefs républicains du Sénat et de la Chambre des représentants prononceront un discours, avant le vice-président Mike Pence.

Il représentera, avec le chef du Pentagone Jim Mattis et le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, l'administration Trump. La rotonde sera ouverte au public à partir de 13H00 (17H00 GMT).

Samedi, l'ex-président républicain George W. Bush et l'ex-président démocrate Barack Obama doivent prononcer un discours lors de ses obsèques en la cathédrale de Washington. Tous deux ont un jour mis fin aux ambitions présidentielles de John McCain: lors des primaires républicaines en 2000, puis à l'élection de 2008.

Trump, absent

Absence remarquée: Donald Trump n'assistera lui à aucune cérémonie. Les deux hommes ne cachaient pas leur mépris mutuel.

Le président américain avait longuement attendu avant de finalement rendre un hommage direct lundi soir à celui qui fut l'un des rares à le critiquer ouvertement, et vertement, dans son camp.

L'homme d'affaires avait moqué le statut de héros de guerre de John McCain, forgé en cinq ans de captivité et tortures pendant la guerre du Vietnam. "J'aime les gens qui n'ont pas été capturés", avait lancé en 2015 Donald Trump, qui n'a pas fait le service militaire.

"Mal informé", "impulsif", Donald Trump excite les "tarés", avait déclaré John McCain.

Jusque dans un message posthume, lu lundi par son porte-parole, celui qui fut surnommé "le dernier lion du Sénat" avait défié le président, avec une critique à peine voilée mettant en garde les Etats-Unis contre les risques de la division.

Le choix Palin

John McCain n'a pas toujours fait consensus. Au Sénat, il fut partisan farouche de la guerre d'Irak. Beaucoup lui reprochent aussi d'avoir choisi Sarah Palin comme colistière en 2008, candidate au style populiste qui annonçait la mouvance conservatrice du Tea Party et l'irruption de Donald Trump en politique.

Mais depuis son décès samedi à l'âge de 81 ans d'un cancer du cerveau, ce sont les hommages de tous bords politiques qui pleuvent aux Etats-Unis, et au-delà.

Jeudi, l'ancien vice-président démocrate Joe Biden a salué dans un discours ému la mémoire de celui qu'il considérait comme "un frère". Il s'exprimait devant son cercueil recouvert du drapeau américain à Phoenix, capitale de l'Etat de l'Arizona qu'il représentait au Sénat.

La veille, plus de 15.000 personnes avaient défilé devant sa dépouille exposée au coeur du Parlement local.

L'enterrement, dans l'intimité familiale, est prévu dimanche au cimetière de l'Académie navale d'Annapolis, près de la capitale fédérale américaine.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK