John McAfee : l'ex-roi des antivirus est candidat à la Maison blanche et fait campagne depuis… Cuba

Pour la majorité des internautes, McAfee c’est le nom d’un célèbre antivirus. A tel point que beaucoup ont même oublié que, derrière l’outil installé sur les ordinateurs, se cache un homme qui a fait fortune grâce à ses logiciels : John McAfee. La vie tumultueuse de ce millionnaire américain a parfois fait la Une des journaux mais aujourd’hui il revient sur le devant de la scène pour une autre raison : John McAfee veut être officiellement candidat à l’élection présidentielle américaine de 2020.

Il veut être le candidat du parti Libertarien pour "influencer l’élection"

C’est sur son bateau amarré dans la cossue Marina Hemingway de La Havane, à Cuba, que John McAfee reçoit les journalistes. "Je me présente à la présidence des États-Unis sur une plate-forme de désaccord total avec le gouvernement américain en termes de politique étrangère car les USA veulent être le policier du monde explique John McAfee à l’AFP. L’Amérique est en train de devenir un État policier."

A 73 ans, l’ex-roi des antivirus espère remporter l’investiture du parti Libertarien. Une formation politique qui prône le libre-échange et une intervention de l’Etat réduite au minimum. L’homme avait déjà tenté le coup en 2016 mais c’est Gary Johnson qui avait été choisi à sa place (3,27% des voix à la présidentielle). Devenir président ? Ce n’est pas l’ambition de McAfee. "Je ne veux pas être président, je ne veux vraiment pas, et je ne pourrais pas être… vraiment, regardez-moi, lance-t-il. Je ne peux pas être président. Cependant, j’ai beaucoup d’adeptes et j’influencerai la prochaine élection."

Fugitif, ami de Cuba,… un profil très atypique

"Je ne mène pas une campagne ordinaire, je suis recherché comme criminel par le gouvernement pour lequel je suis candidat à la présidence. Eh bien, c’est inhabituel" raconte le fantasque septuagénaire. "Je suis d’abord allé aux Bahamas car j’étais poursuivi pour évasion fiscale, je n’ai pas payé d’impôts depuis huit ans".

Voilà pourquoi l’homme est aujourd’hui en fuite à Cuba, du moins c’est ce qu’il prétend. Car il n’est pas évident de savoir ce qui vrai et ce qui est faux. Une chose est certaine en tout cas. Le simple fait de venir à Cuba avec son yacht fait de lui un hors-la-loi aux yeux des Etats-Unis puisqu’il enfreint les nouvelles régulations américaines. Il est aujourd’hui interdit, pour un citoyen américain, de voyager vers Cuba en croisière ou bateau privé.

Il veut même "aider" Cuba à contourner les sanctions

John McAfee se positionne aujourd’hui comme proche l’île communiste. "Je suis probablement le meilleur ami que Cuba a actuellement", dit-il. "Je ne sais rien du communisme mais je sais que nous ne devrions pas interférer avec Cuba, nous ne devrions pas bloquer ce pays." 

Il ajoute qu’il a proposé ses services au gouvernement cubain pour contourner les sanctions américaines grâce aux cryptomonnaies… "Je sais exactement ce qu’il faut faire explique l’homme à Reuters. Il serait facile de contourner l’embargo du gouvernement américain grâce à l’utilisation d’un système de cryptomonnaies. J’ai donc formellement proposé d’offrir mon aide gratuitement s’ils ont besoin de moi".

Il espère en tout cas ne pas être un jour extradé vers les Etats-Unis par les autorités cubaines. "Cuba n’a jamais extradé un citoyen américain et Cuba n’est pas exactement un ami du gouvernement américain." conclut-il.

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John McAfee interrogé par Interpol dans un bureau de police au Guatemala en décembre 2012. Il avait été arrêté après être entré illégalement dans le pays pour fuir le Belize où il était recherché dans le cadre d'une affaire de meurtre. © AFP PHOTO/PDH

2012 : soupçonné de meurtre au Belize, il prend la fuite

En 2009, John McAfee a élu domicile au Belize, un petit Etat d’Amérique centrale frontalier du Mexique. Mais en 2012, tout bascule. L’homme est soupçonné par les autorités du Belize d’être lié au meurtre de son voisin, un ressortissant américain. Pour échapper aux policiers locaux, il fuit vers le Guatemala. Cette cavale rocambolesque tient les médias en haleine pendant un mois. John McAfee accusait la police du Belize de vouloir le tuer parce qu’il avait cessé de financer les campagnes locales. Le Premier ministre du Belize de l’époque qualifie alors John McAfee de "fou" et de "paranoïaque".

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John McAfee en décembre 2012 © JOHAN ORDONEZ - AFP

Entre provocation et discrétion, sur fond de mystère

Son yacht installé depuis quelques semaines à La Havane s’appelle "The great mystery" (Le grand mystère). Un titre qui n’est certainement pas choisi au hasard tant l’homme est énigmatique. En 2013, les internautes le découvrent dans une vidéo surréaliste. Entouré de femmes plutôt dévêtues, il explique comment désactiver le logiciel McAfee.

Le film, qui se termine sur une image de lui, torse nu et tatoué, pistolet en bandoulière, sera visionné neuf millions de fois. En 2015, il est arrêté aux Etats-Unis pour conduite sous l’emprise de stupéfiants, puis se fait à nouveau discret dans les médias. Aujourd’hui, John McAfee ressort du bois pour médiatiser son ambition d’influencer l’élection présidentielle de 2020.

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