Jeux olympiques de Tokyo : le virus s’est tout de même invité

Les Olympiades qui s’ouvrent ce vendredi à Tokyo ont failli ne jamais avoir lieu. Reportées d’un an en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19, leur tenue cette année était en question. Mais le Japon a persévéré, portant très haut la barre de la sécurité sanitaire pour tout de même tenir ces Jeux. Et voici donc plus de 11.000 athlètes de 207 pays différents rassemblés dans une des plus grandes villes du monde pour participer et si possible gagner quelque médaille. Mais ces Jeux ne seront semblables à aucun autre.

Masques, quarantaine, tests seront les épreuves quotidiennes auxquelles se soumettront tous les sportifs présents ainsi que le personnel qui les encadre. Les athlètes ne peuvent tomber le masque que pour dormir, manger, boire, s’entraîner et prendre part aux compétitions.


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Le public, japonais ou venu d’outre-mer, est banni des gradins. Le huis clos sauf pour la cérémonie d’ouverture dans le nouveau stade olympique à Tokyo, en présence d’un petit millier d’invités, une enceinte de 68.000 places… Pour le reste, il n’y aura aucun spectateur. Le but : éviter que les JO ne se transforment en cluster géant.

Cas contacts et positifs

Et pourtant, le virus circule déjà dans les Jeux avant même leur coup d’envoi. On pouvait s’y attendre malgré les messages apaisants du président du Comité international olympique Thomas Bach qui se repose sur un chiffre : 85% des participants sont vaccinés. Mais cela ne suffit pas.

Jeudi, 12 nouveaux cas de Covid19 ont été signalés, portant le total à près de 80 depuis le 1er juillet sur plus de 20.000 personnes testées, dont 8 concernent des sportifs. Parmi les malheureux, une taekwondiste chilienne et une skateboardeuse néerlandaise. La joueuse de tennis américaine Coco Gauff ne jouera pas car testée positive avant d’arriver à Tokyo. Dan Evans et Johanna Konta de l’équipe britannique et la tireuse numéro un mondiale Amber Hill se sont retirées pour la même raison. Six athlètes britanniques ont été placés à l’isolement suite à la présence d’un cas positif dans leur avion.

Des cas positifs ou contact jeunes et en bonne santé, heureusement asymptomatiques. Leur détection prouve au moins que le mécanisme mis en place au village olympique fonctionne efficacement et détecte le moindre risque.


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L’image donnée par la "bulle olympique" il y a deux semaines avait suscité quelques craintes : cet isolement strict entre participants aux Jeux et habitants de l’archipel a éclaté. La "bulle" ne marche pas car des visiteurs des JO ont côtoyé des Japonais dès leur arrivée à Tokyo à l’aéroport, aux toilettes, dans l’espace fumeurs. Des fans japonais ont pu rencontrer et serrer les mains de leurs athlètes favoris. Et enfin des invités étrangers ont dû enfreindre le confinement strict de trois jours et quitter leur hôtel dépourvu de restaurant pour se nourrir.

Et surtout, des cas contact japonais, qui avaient fréquenté des athlètes testés positifs par la suite, n’ont pas été isolés assez vite. Résultat, ils ont transmis le variant delta du virus à d’autres Japonais. Inquiétant en pleine nouvelle vague, la 5e au Japon, qui n’a complètement vacciné qu’un quart de sa population, et seulement 15% à Tokyo.

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