Jérusalem: la droite ultra poursuit sa campagne malgré les tensions

De nouveaux heurts ont par ailleurs opposé dans la nuit de samedi à dimanche Palestiniens et policiers israéliens dans différents quartiers de Jérusalem-Est, dont la Vieille ville qui jouxte l'esplanade, a indiqué la police.

Dix-sept Palestiniens ont été interpellés vendredi et samedi, a dit une porte-parole. Selon Luba Samri, 111 Palestiniens au total ont été interpellés depuis le 22 octobre et l'aggravation des tensions auxquelles Jérusalem-Est, partie palestinienne annexée et occupée de la ville, est en proie depuis l'été.

Dans ce contexte tendu, le député israélien Moshé Feiglin est passé outre à un appel à la retenue lancé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et s'est rendu sur l'esplanade des Mosquées, a constaté un photographe de l'AFP.

Ce membre de l'aile la plus dure du Likoud, le parti du Premier ministre, milite pour que les juifs obtiennent le droit de prier sur l'esplanade.

La police israélienne a par ailleurs annoncé l'interpellation de cinq activistes d'extrême droite. Selon la porte-parole, l'un d'entre eux a tenté de prier sur l'esplanade et les quatre autres se sont heurtés à des policiers alors qu'ils tentaient de pénétrer sur l'esplanade.

Dans le climat actuel, la visite de Moshé Feiglin et les agissements de ces activistes ne pouvaient qu'être perçus comme des provocations supplémentaires. M. Feiglin a été accueilli sur l'esplanade par des cris de protestation de musulmans scandant "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand").

De son côté, le ministre de l'Habitat Uri Ariel a de nouveau réclamé sur la radio publique le droit pour les juifs de prier sur l'esplanade.

"Il faut permettre aux juifs de prier sur le mont du Temple (nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées). Il y a de la place pour tout le monde", a dit Uri Ariel, membre du Foyer juif, parti nationaliste religieux.

Il prend ainsi le contre-pied du Premier ministre, qui a répété à plusieurs reprises ces derniers jours n'avoir aucune intention de changer le statu quo sur le site. M. Netanyahu a appelé samedi les ultras de droite à faire preuve de "retenue" et de "responsabilité" devant l'escalade des violences.

Au coeur des tensions, l'esplanade est le troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré du judaïsme.

Actuellement, les juifs et les touristes non-musulmans peuvent se rendre sur l'esplanade comme visiteurs. Mais ils n'ont pas le droit d'y prier.

Les musulmans s'alarment de l'intention prêtée au gouvernement de changer ce statu quo. Ils s'émeuvent des provocations auxquelles se livrent selon eux les juifs et des restrictions qu'Israël imposent à l'accès des musulmans au nom de la sécurité.

De crainte d'un embrasement, les autorités israéliennes ont pris jeudi la décision rarissime de fermer complètement l'esplanade. Elles l'ont rouverte pour la grande prière musulmane du vendredi, mais en ont interdit l'accès aux hommes de moins 50 ans.


AFP

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