Jérusalem-Est: nouveaux heurts avec la police

Les policiers ont dispersé à coups de grenades lacrymogènes et à l'aide de canons à eau des petits groupes de jeunes qui jetaient des pierres et brûlaient des pneus.

"Le calme est revenu dans la soirée, à part quelques heurts sporadiques", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police de Jérusalem, Shmulik Ben Rubi, selon lequel ces affrontements mineurs n'ont pas fait de blessé ni entraîné des arrestations.

Mercredi, la mort d'un Palestinien tué par balles par un vigile israélien affecté à la sécurité de colons dans un autre quartier arabe de Jérusalem-Est, à Silwan, avait déclenché des manifestations violentes.

Les heurts ont fait mercredi une vingtaine de blessés, dont 10 Israéliens selon la radio militaire.

La police a été placée en état d'alerte à Jérusalem et l'état d'alerte sera maintenu vendredi, selon le porte parole .

Les colons s'impatientent

Ces incidents surviennent au moment où la question de la colonisation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée menace de faire capoter les négociations de paix israélo-palestiniennes relancées au début du mois. Le moratoir provisoire arrive en effet à échéance fin du mois.

"Nous habitons ici car c'est notre terre, comment peut-on envisager que le seul endroit au monde où un Juif ne peut pas construire sa maison soit la Judée, berceau du peuple juif", plaide Arié Haskin.

Sur cette colline du désert de Judée, s'élèvent les maisons de Tekoa, une colonie de plus de 1500 habitants.

"J'espère que les constructions vont enfin recommencer" à l'échéance du gel partiel de la construction décrété il y a dix mois par le Premier ministre ministre Benjamin Netanyahu, affirme Arié Haskin.

Cet universitaire, un des porte-parole de la colonie, installé depuis 20 ans à Tekoa, assure que l'implantation pourrait accueillir à terme encore 800 logements, dont 180 dans les prochaines années.

"Ce n'est pas l'édification de maisons en Judée-Samarie (nom biblique de la Cisjordanie, NDLR) qui pose problème. La vraie question est de savoir si les Palestiniens sont prêts à reconnaître l'existence d'un Etat juif", assène-t-il, convaincu que "Netanyahu est déterminé à reprendre la construction comme promis".

A quelques centaines de mètres à vol d'oiseau, on distingue les caravanes de Kfar Eldad, une petite implantation peuplée d'immigrants de l'ex-URSS.

Zeev Elkin, un des chefs de la majorité à la Knesset, vit là dans un mobile-home en attendant la fin du gel.

"Dans quel pays un dirigeant politique de mon niveau est empêché de construire sa maison par son propre gouvernement", s'insurge-t-il.

Cet homme discret est un proche de "Bibi" (le surnom de Benjamin Netanyahu), qu'il rencontre presque tous les jours.

Il est persuadé que les chantiers vont reprendre: "Ce n'est pas un problème personnel, il s'agit de l'avenir de l'Etat d'Israël qui ne peut pas continuer à priver ses citoyens du droit élémentaire de construire sur leur propre terre," dit-il, désignant le terrain qu'il a acheté l'an dernier.
AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK