Jerôme Jamin (ULiège) : "La prise du Capitole est peut-être positive pour la démocratie"

Jérôme Jamin est professeur à l’Université de Liège, politologue, spécialiste du populisme et des Etats-Unis et auteur de : Le populisme aux États-Unis : un regard pour l’Europe.

Pour lui, la prise du Capitole par les partisans de Trump "est un moment très pénible pour la démocratie". Mais qui va peut-être permettre un début de réconciliation de l’Amérique. "Une grande partie de la population, même divisée, va se dire que si nos disputes nous amènent à ça, il est temps qu’on fasse un effort pour se réconcilier. C’est donc peut-être quelque chose de plus positif qu’on ne le croit."

Ce sera une tâche extrêmement difficile pour Joe Biden. Car pour Jérôme Jamin, l’insurrection qui subsiste au sein du pays est symptomatique de ce que certains tendent à appeler une "guerre culturelle".

"D’un côté, il y en a beaucoup pour qui l’univers principal est une communauté. C’est-à-dire un village, une ville au sein d’un État fédéré. Le reste est fort lointain. Le religieux y est très présent. L’idée que la vie est dure, qu’on est totalement responsable de son destin également. Ce qui veut dire qu’on ne veut pas se faire aider par une quelconque sécurité sociale ou autre. Celui qui se bat aura les moyens de sa sécurité, et celui qui ne se bat pas n’y arrivera pas. Il y a beaucoup de gens qui fonctionnent comme ceci et pour qui la structure géographique, physique, sociale, économique des États-Unis permet de vivre correctement avec ce genre d’univers.

Mais plus on va vers de grandes métropoles, plus les gens commencent à s’intéresser à ce qui se passe au-delà de leur État fédéré, voire au-delà des États-Unis. Ils commencent parfois à parler une autre langue. Ils se rendent compte que la diversité n’est pas forcément synonyme de disparition des blancs mais que cela fait partie de la réalité d’un monde moderne."

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