"Je suis le gars qui vole Noël" : au Canada, les autorités s'inquiètent d'une reprise de l'épidémie

"Si vous ne pensez pas que le Covid est réel, vous êtes un idiot." La phrase a été prononcée par Brian Pallister, Premier ministre de la Province de Manitoba, dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux..

Pour comprendre ce qui a poussé ce responsable politique à s’exprimer ainsi – alors qu’un récent sondage l’a placé tout en bas du classement de popularité des différents premiers ministres du Canada – il faut savoir que la fête familiale de Thanksgiving s’est déroulée début octobre au Canada. Les familles se sont réunies. Et dans les semaines qui ont suivi, les contaminations sont reparties à la hausse.

Depuis plusieurs jours, les différentes autorités font ce qu’elles peuvent pour convaincre les Canadiens de ne pas se réunir à Noël. Et Brian Pallister prend ses responsabilités.

Ne vous réunissez pas ce Noël.

"Je suis le gars qui vole Noël [une référence au dessin animé américain 'How the Grinch Stole Christmas!' qui met en scène un personnage au visage vert bien décidé à gâcher la fête, NDLR] pour assurer votre sécurité parce qu’il faut le faire maintenant, il le faut parce que l’année prochaine, nous aurons beaucoup à célébrer. Et nous célébrerons cette année, si nous faisons ce qu’il faut maintenant", a encore déclaré Brian Pallister.

Et d’ajouter : "Vous n’avez pas besoin de m’aimer. J’espère que dans les années à venir, vous me respecterez pour avoir eu le courage de vous parler honnêtement. Voilà la bonne chose à faire : restez en sécurité, protégez-vous les uns les autres, aimez-vous, prenez soin les uns des autres. Vous avez tellement de façons de le montrer. Mais ne vous réunissez pas ce Noël."

Dans la province de Québec aussi, le discours change. Après avoir proposé aux Québécois de se retrouver à Noël moyennant une quarantaine, le gouvernement a fait machine arrière. Le Premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé le 3 décembre dernier qu’il annulait sa décision de permettre aux Québécois de se rassembler pendant quatre jours à Noël, invoquant la forte augmentation des cas de Covid-19 dans cette province canadienne.

Un "contrat moral" annulé

"Quand on regarde la situation, on est obligés de se rendre à l’évidence : ce n’est pas réaliste de penser qu’on va réussir à réduire la progression du virus de façon satisfaisante d’ici Noël", a-t-il justifié lors d’une conférence de presse.

Il y a deux semaines, le Premier ministre avait proposé un "contrat moral" aux Québécois : il permettait des rassemblements de jusqu’à dix personnes à Noël mais, en échange, ces derniers limitaient les contacts une semaine avant et après cette fête.

Tout était cependant conditionné à ce que la situation sanitaire ne se dégrade pas. Or la situation empire avec "une forte hausse" des cas dans presque toutes les régions du Québec, autour de 1500 chaque jour, a affirmé François Legault. "À ce rythme-là, certains hôpitaux vont commencer à déborder dans le temps des Fêtes. La capacité du système de santé n’est pas infinie", a-t-il dit. "On a du personnel fatigué, très fatigué", a-t-il souligné.

L’annulation des rassemblements concerne les régions se trouvant en "zone rouge", comme Montréal ou Québec, où habitent 80% des 8 millions de Québécois. Depuis début octobre, les Québécois vivant en "zone rouge" ne peuvent recevoir personne chez eux et les bars, restaurants, cinémas ou musées ont été fermés jusqu’au 11 janvier.

Une campagne de vaccination qui devrait débuter mi-décembre

Les premières doses du vaccin de l’alliance Pfizer/BioNTech arriveront au Canada en décembre et la vaccination des Canadiens pourrait commencer dès la semaine prochaine si Santé Canada donne son feu vert, a annoncé lundi 8 décembre le Premier ministre Justin Trudeau.

Le duo américano-allemand Pfizer/BioNTech va livrer au Canada d’ici la fin du mois jusqu’à 249.000 doses de ce candidat-vaccin contre le Covid-19, qui a montré une efficacité à 95%, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

"Les premières livraisons pourraient arriver la semaine prochaine", après l’approbation de Santé Canada, attendue dans les prochains jours, a-t-il indiqué.

Les premières vaccinations devraient intervenir "un jour ou deux après" l’arrivée des doses, a précisé le général Dany Fortin, chargé de coordonner la distribution des vaccins dans 14 centres du pays, le deuxième au monde par sa superficie.


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"Les premiers Canadiens se feront vacciner dès la semaine prochaine si on a l’approbation de Santé Canada cette semaine", a souligné Justin Trudeau. Les personnes âgées vivant dans des foyers, ainsi que le personnel de ceux-ci, doivent être vaccinés en priorité.

Le Canada, où l’épidémie s’est accélérée à l’approche des fêtes de fin d’année, comptait lundi près de 419.000 cas de coronavirus et plus de 12.700 morts.

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