Japon: une ex-dirigeante américaine de Toyota sort de prison

Julie Hamp
Julie Hamp - © JIJI PRESS - AFP

L'ancienne directrice de la communication de Toyota, l'Américaine Julie Hamp, a retrouvé la liberté mercredi, trois semaines après son arrestation à Tokyo sur des soupçons d'importation illégale de médicaments au Japon.

Le parquet a décidé d'abandonner les charges à son encontre, jugeant qu'elle n'avait pas agi avec une intention malveillante ou pour se droguer, a expliqué un représentant aux journalistes.

Mme Hamp, 55 ans, avait fait venir des Etats-Unis, par voie postale, un colis contenant des comprimés d'oxycodone - un puissant analgésique - sans la permission des autorités, une infraction passible d'une peine de 10 ans de prison.

Elle savait que cet antidouleur faisait l'objet d'une législation très stricte dans l'archipel, où il est classé comme narcotique, mais avait demandé à son père de lui envoyer des pilules pour soulager une douleur au genou, a-t-on précisé de même source.

Le colis avait été saisi par les douaniers le 11 juin à l'aéroport de Tokyo-Narita. Sur l'étiquette détaillant le contenu était écrit "colliers", et les 57 comprimés se trouvaient à l'intérieur de petites boîtes de bijoux factices pour enfants, selon des informations de presse.

"Punition sociale"

Les enquêteurs ont estimé que la dirigeante avait déjà reçu, du seul fait de son arrestation très médiatisée, de sa démission et de sa réputation entachée, une "punition sociale", notion répandue au Japon.

Julie Hamp avait été interpellée le 18 juin dans un hôtel de Tokyo où elle séjournait, moins de trois mois après sa promotion au rang le plus élevé jamais occupé par une femme au sein de Toyota.

Le géant automobile japonais, qui a accepté sa démission la semaine dernière, a renouvelé, dans un communiqué, ses excuses pour "la confusion et l'inquiétude que ces récents événements (...) ont pu causer".

"Respecter la lettre et l'esprit de la loi"

"Nous voulons tirer les leçons de cet incident en renforçant nos principes visant à respecter la lettre et l'esprit de la loi" mais "restons fermement déterminés à nommer les bonnes personnes aux bons endroits, indépendamment de leur nationalité, sexe, âge et d'autres éléments", a insisté Toyota qui essuie là un revers dans sa politique de diversification de son équipe dirigeante.

C'est un homme du sérail, Shigeru Hayakama, présent dans la compagnie depuis 1977 et membre du conseil d'administration, qui succède à Julie Hamp. Lors d'une conférence de presse convoquée en urgence à Tokyo le lendemain de l'arrestation de Mme Hamp, le PDG de Toyota, Akio Toyoda, avait pris la défense de la responsable américaine, laissant entendre qu'elle n'avait peut-être pas été suffisamment informée à son arrivée des exigences de la société japonaise.

 

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