Japon: l'intelligence artificielle et les algorithmes font baisser le taux de criminalité

L'intelligence artificielle au service de la surveillance de la foule
L'intelligence artificielle au service de la surveillance de la foule - © KAZUHIRO NOGI - AFP

Au Japon, le taux de délinquance et de criminalité est à un niveau plancher, historiquement bas. Dans les sondages, 80% des Japonais disent se sentir en sécurité. La police nippone fait de plus en plus souvent appel à l'intelligence artificielle pour sécuriser l'espace public. Et ce recours grandissant à la technologie fait débat, car il n'est pas sans risques.

Ce débat porte notamment sur les commerces utilisant des caméras de vidéosurveillance "intelligentes", qui ont assimilé des millions d'images d'individus filmés en train de voler dans des rayons. Quand ces caméras repèrent un client dont le comportement rappelle celui des voleurs, elles envoient au personnel un SMS d'alerte avec la photo de l'individu, ce qui fait courir le risque de délits de faciès : un geste, une attitude et, pour l'intelligence artificielle, vous n'êtes plus client mais suspect.

Algorithmes

C'est pareil dans les rassemblements de masse. Désormais, des algorithmes avertissent les policiers nippons de la présence d'individus dont le comportement diffère de celui des autres : un visage tendu, des allées et venues répétées, etc. Cela fait craindre des interpellations policières décidées, non par un professionnel après mûre réflexion, mais par une machine. 

De même, au Japon, de plus en plus, les agents de quartier font leurs rondes de surveillance là et quand, d'après les statistiques, la possibilité est la plus forte que des infractions soient commises.

On en vient donc à conférer une valeur prédictive au "big data". Cela enferme des quartiers entiers dans une image stigmatisante, liée à un passé que la haute technologie a mis à jamais en mémoire.

Archive : On n'est pas des pigeons 24/04/2018