Abdication de l'empereur Akihito du Japon: le grand jour

Japon: l'empereur Akihito abdique aujourd'hui
Japon: l'empereur Akihito abdique aujourd'hui - © KAZUHIRO NOGI - AFP

C'est aujourd'hui que l'empereur Akihito mettra un terme à plus de 30 ans passés comme "symbole de l'Etat et de l'unité du peuple" au Japon. Son fils aîné Naruhito lui succédera officiellement mercredi.

Vêtu d'une volumineuse chasuble de soie brun doré réservée au seul souverain, l'empereur du Japon se livrait mardi aux ultimes cérémonies de son abdication, la première du trône du Chrysanthème en deux siècles.

Coiffé d'un couvre-chef noir surmonté d'une très haute crête, Akihito a "annoncé" dans la matinée à ses ancêtres et aux dieux son renoncement, dans plusieurs sanctuaires du Palais impérial.

Mais la cérémonie majeure, de dix minutes seulement, aura lieu à 17 heures locales (08H00 GMT) dans la plus belle salle du Palais, "Matsu no Ma" (la salle de pin).

Grande proximité

Akihito a accepté un statut très différent de tous ses prédécesseurs. Ce faisant, il a fait évoluer son pays de manière historique, selon ce sexagénaire. "Il a été le symbole de l'Etat et non, comme tous les empereurs avant lui, le chef de l'Etat, le chef de l'armée et un Dieu vivant. Donc, pour moi, il incarne un tournant vraiment majeur – le Japon a commis tant de crimes de guerre au nom de l'empereur", témoigne-t-il.

Des crimes pour lesquels, tout au long de son règne, Akihito a exprimé ses "profonds remords". Les Japonais ont d'ailleurs toujours salué cette repentance historique.

Mais l'empereur aura aussi marqué son époque par sa grande proximité. Contrairement à tous les autres empereurs, il n'a cessé d'aller à la rencontre des gens. "C'est quelqu'un qui est proche de la nation. Le dernier empereur avait en tout cas cette personnalité-là d'être relativement proche de la nation", estime Pierre Bonneels, chercheur au Centre de philosophie, section philosophie contemporaine japonaise, à l'ULB.

"J'ai un profond respect pour lui. On l'a vu à Fukushima ainsi qu'après chaque catastrophe majeure : il s'est rendu au chevet des victimes pour les réconforter. Quand, nous, les Japonais, nous souffrions, il était systématiquement à nos côtés. Et bien, moi, ça m'a toujours beaucoup touchée", explique une femme au foyer.

La population nippone vit ainsi des festivités historiques et quasi inédites puisque, cette fois, la nation n'est pas endeuillée comme c'était le cas en 1989 (mort de Hirohito aussi appelé empereur Showa), 1926 (mort de l'empereur Taisho) ou 1912 (mort de l'empereur Meiji).

Journal télévisé 29/04/2019

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