Japon: glissements de terrain meurtriers, les recherches de survivants suspendues

Une voiture emportée par un glissement de terrain le 21 août 2014 à Hiroshima
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Une voiture emportée par un glissement de terrain le 21 août 2014 à Hiroshima - © AFP

Plus de 4400 habitants de la municipalité de Hiroshima ont reçu l'ordre de quitter leur maison vendredi en raison de nouveaux risques de glissements de terrain. Les recherches de survivants ont été suspendues vendredi en raison de risques de nouveaux glissements de terrain dans cette ville du sud-ouest du Japon, où le dernier bilan officiel fait état de 39 morts et 51 disparus.

Quelque 67 personnes ont aussi été blessées, dont quatre grièvement, selon l'Agence des désastres.

Il s'agit d'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières dans l'archipel depuis le tsunami de mars 2011, bien que le nombre de victimes soit sans commune mesure (le raz-de-marée avait tué plus de 18 000 personnes).

A Hiroshima, "les sauveteurs ont été évacués de craintes de nouvelles coulées de boue", a expliqué un fonctionnaire de police. "Nous avons été informés du fait que la forme de la montagne avait apparemment changé et le vice-ministre de la gestion des désastres, Yasutoshi Nishimura, nous a ordonné de suspendre les opérations dans certaines zones", a complété un porte-parole de la municipalité, Takatoshi Okamoto.

De violentes pluies ont recommencé à tomber depuis jeudi soir par intermittence sur la zone sinistrée où ont été dépêchés 2800 sauveteurs, dont des soldats.

Plus de 4400 habitants de la municipalité de Hiroshima avaient auparavant reçu l'ordre de quitter leur maison.

De plus, environ 164 000 résidents sont visés par des recommandations (non contraignantes) d'évacuer temporairement leur logement et 30.000 pourraient éventuellement recevoir des instructions similaires, selon les autorités locales. Des centaines de foyers sont de surcroît privés d'électricité et/ou d'eau courante.

Une cellule de crise spéciale a été ouverte par le ministre chargé des Désastres, Keiji Furuya, et la chaîne publique NHK, qui a une mission d'intérêt général, consacrait encore une bonne partie de son antenne vendredi à ce sinistre.

Depuis la survenue des premiers éboulements dans la nuit de mardi à mercredi, le décompte des victimes ne cesse de s'amplifier. "Nous dénombrons d'abord les personnes dont nous sommes certains qu'elles ont disparu, par exemple sur la foi de témoins les ayant vues être emportées par la boue, mais le total augmente à mesure que nous évaluons la situation", a précisé à l'AFP un responsable de la police municipale.

Près de 200 maisons ont été détruites ou inondées par les coulées de boue, particulièrement dans les arrondissements d'Asaminami et Asakita, au pied d'une montagne couverte d'arbres. Environ 30 glissements se sont produits à peu près simultanément, selon un rapport du ministère de l'Aménagement du territoire.

Nouvelles pluies

Plus meurtriers que beaucoup de séismes au Japon (où les constructions parasismiques sont efficaces), ces terribles éboulements de terre en partie liquéfiée et de blocs de pierre mêlés résultent de pluies diluviennes: il est tombé en trois heures mercredi sur les zones touchées plus d'eau qu'en un mois habituellement, selon les météorologues.

Les autorités redoutent désormais un désastre en chaîne: vu l'état actuel des sols, il suffit en théorie de peu de pluie pour que se produisent de nouvelles coulées de boue, préviennent les experts.

Un précédent sinistre en 1999, également à Hiroshima, avait tué 30 personnes et conduit les autorités nationales à mieux répertorier les zones potentiellement dangereuses: il en existe 32.000 dans la province de Hiroshima, sur 525.000 dans l'ensemble du pays qui compte 47 préfectures.

Des équipements spéciaux ont parfois été installés pour limiter le risque, des sondages sonores des sols sont réalisés de temps en temps et la construction d'habitations a même été interdite par endroits. Toutefois, ces dispositions restent insuffisantes.

En outre, lorsque sont émises des recommandations (et non des ordres) d'évacuation, la plupart des habitants restent chez eux, surtout lorsque ces avis sont donnés en pleine nuit.

Récemment, lors du passage d'un typhon, le ministre chargé des désastres avait demandé aux autorités locales de ne pas avoir peur de pécher par excès de prudence et de ne pas hésiter à évacuer au moindre danger avéré.

Par ailleurs, outre Hiroshima, les régions de Nagasaki et Fukuoka, également dans le sud-ouest, et d'autres agglomérations de Hokkaido (nord) sont aussi sous alerte, victimes de pluies torrentielles. On y craint aussi des glissements de terrain et des recommandations d'évacuation de plusieurs quartiers y ont été émises.


AFP

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