Japon: 5 choses à savoir sur une abdication exceptionnelle et mystérieuse

L’abdication et la succession en tant que telles, ne dureront que quelques minutes. Mais des évènements sont prévus jusqu’au mois d’octobre. Dans ce pays aux traditions millénaires, les cérémonies sont très ritualisées selon la tradition Shinto, religion non officielle du pays. Et puisque la succession est due à une abdication et non à un décès, elles seront plus « joyeuses » que les précédentes.

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Le trône et les femmes

C’est un homme de 59 ans, Naruhito, fils de l’empereur actuel qui va lui succéder sur le trône impérial. Parce que depuis 1889, la constitution empêche les femmes de devenir impératrice. Pourtant, dans le passé, 8 femmes ont été impératrices du Japon tout au long de l’histoire du pays. La dernière a régné il y a 250 ans. La famille impériale est la même depuis 2500 ans. Mais elle se trouve désormais face à un problème, elle a tendance à ne faire naître que des filles. Contraint et forcé, le gouvernement japonais allait changer la loi et puis, en 2006, Hisahito est né, seul petit-fils de l’empereur Akihito et dernier homme de la lignée. La constitution n’a donc pas été changée, estimant certainement qu’il allait se marier et avoir un fils… sinon le Japon n’aura plus d’empereur.

Une future impératrice brisée

Cette obsession de fournir un « mâle » au pays a lourdement pesé sur les épaules de l’épouse du futur empereur. Masako Owada, diplomate formée à Harvard et Oxford avait renoncé à sa carrière en 1993 lorsqu’elle est entrée dans la famille impériale et son carcan de règles très strictes. En 2001, elle accouche d’une fille, Aiko, seul enfant du couple. Son mari, le futur empereur promet de la protéger de tout ce stress et de cette pression incessante. « Ces dix dernières années, la princesse Masako s’est employée à s’adapter à la vie de la famille impériale. J’en ai été témoin, cette entreprise l’a totalement épuisée », avait-il déclaré avant de lâcher devant des journalistes nippons et étrangers : « Il faut dire aussi que son ancienne carrière et sa personnalité qui en découlait ont été en quelque sorte niées ».

Traditions et monde réel

Avec ce genre de déclaration, Naruhito, le prochain empereur avait choqué son entourage. Il a multiplié les déclarations montrant une certaine volonté d’ouverture. Il tentera donc probablement de concilier cette volonté affichée de rapprocher la famille impériale de la réalité du monde avec le poids des traditions millénaires liées à sa fonction, lui qui est le premier prince à avoir grandi sous le même toit que ses parents, pas à l’écart, élevé par des gouvernantes et des précepteurs.

Des trésors gardés dans le plus grand secret

Autour de l’abdication et de l’accession au trône, 3 objets fondamentaux sont entourés d’un épais mystère. Un miroir, une épée et un joyau probablement composé de pierres précieuses. Les cérémonies se déroulent selon des rites Shinto, une religion non officielle au Japon. La légende entourant ces trésors raconte que le miroir, l’épée et le joyau ont été transmis à la lignée impériale par la déesse du soleil, Amaterasu. Ils doivent permettre de maintenir un lien avec le passé et les esprits qui interviennent sur les vies humaines. Pas de couronne impériale, donc au Japon, ce sont ces trésors qui les remplacent. Mais ils sont tellement sacrés qu’ils sont cachés au reste du monde. Personne ne sait de quand ils datent. Même l’empereur ne les a jamais vus, il n’en existe aucune photographie. D’ailleurs lors des cérémonies, ce sont des répliques cachées dans des écrins qui seront utilisées. Le miroir, dont on prétend qu’il a plus de 1000 ans serait le plus précieux de ces mystérieux objets.

Dix jours de congé

Pour célébrer cette passation de pouvoir, qui pour une fois n’est pas due à un décès mais bien à une abdication, une période de congé exceptionnelle a débuté ce samedi. Deux jours fériés pour l’occasion qui se cumulent avec une autre semaine de congé, au total, 10 jours sans travailler, un rêve ? Pas pour tous les Japonais manifestement. La réputation de très gros bosseurs qui les entoure paraît largement méritée. Selon un sondage réalisé par un quotidien, 45% des Japonais ne se sentiraient pas heureux d’avoir une aussi longue période de congé.

Vews 03/04/2019

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