Jair Bolsonaro envisage une réforme du régime de retraite: les Brésiliens ont paralysé le pays ce vendredi

Un vaste mouvement de grève traverse le Brésil depuis plusieurs jours. Les transports, les banques, les administrations, plusieurs services dédiés à la population sont gelés dans plusieurs grandes villes. En cause : une réforme des retraites qui, si elle a été édulcorée pour avoir ses chances de passer au Parlement, invraisemblablement très impopulaire. Selon les syndicats, environ 45 millions de manifestants ont défilé dans 300 villes du pays ce 14 juin.

Si ce vendredi a été marqué par l'ouverture de la Copa America, la "coupe d'Europe de Football" d'Amérique du Sud, il a surtout été le théâtre d'une vaste grève générale. Plusieurs dizaines de millions d'insatisfaits ont défilé un peu partout dans le pays.

Tous ces manifestants mécontents ont dit non à la réforme des pensions envisagée par le gouvernement. Des manifestations ont été organisées dans près de 300 villes, et une grande partie du pays a été perturbée. Il faut dire que ni les transports, ni les administration n'étaient disposés à accueillir les citoyens, complètement fermé à cause de cette grève. Les enseignants, publics et privés, étaient aussi de la partie, hors des écoles, donc.

Que dit le projet de loi?

Pour les brésiliens, le responsable de ce revers, c'est le président fraichement élu Jair Bolsonaro, avec son ministre de l'Économie. Tout comme en Belgique avec le projet très contesté de la suédoise, la mesure phare de ce projet de loi brésilien prévoit un recul de l'âge de la pension à 62 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes.

À terme, le gouvernement brésilien souhaite passer d'un système classique de répartition à un système privé, c'est-à-dire via un fond de pension. Cela va sans dire que cette loi, même si elle a été centrale durant la campagne du "Trump tropical", fait partie des raisons pour lesquelles la popularité de Jair Bolsonaro est en chute libre.

"C'est une réforme qui va obliger les gens à travailler 40 ans dans un pays où le chômage est très important, dans un système où les travailleurs n'ont aucune stabilité d'emploi", a dénoncé une participante de la manifestation. Elle juge "absurde" cette réforme. "Il faut l'annuler, martèle-t-elle. Ce que nous montrons aujourd'hui, c'est notre opposition à cette réforme, nous n'en voulons pas."

De son côté, le gouvernement n'en démord pas. Il affirme que le pays court à la catastrophe si le système, en déficit de 83 milliards d'euros l'an dernier, n'est pas rapidement réformé. Le ministre de l'économie propose donc d'économiser un peu plus de 200 milliards d'euros lors des 10 prochaines années. 

La plupart des manifestations se sont déroulées dans le calme, mais en fin de journée, des heurts ont parfois éclaté

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