L'Italie prend de nouvelles mesures après un nombre record de nouveaux cas de Covid

Masqué, Giuseppe Conte annonce en parlant avec les mains les nouvelles mesures
2 images
Masqué, Giuseppe Conte annonce en parlant avec les mains les nouvelles mesures - © VINCENZO PINTO - AFP

C''est un semi-lockdown: fermeture pour un mois des restaurants, bars, glaciers et pâtisseries à 18 heures, fermeture totale des salles de sport publiques, piscines et cinémas : l’Italie prend un nouveau train de mesures pour tenter de freiner une nouvelle vague de contamination au nouveau coronavirus.

Ces mesures qui entrent ce lundi en vigueur et valables jusqu'au 24 novembre sont annoncées par le gouvernement après deux nuits de contestations à Rome et Naples contre le couvre-feu.

Le gouvernement évite un nouveau confinement généralisé tel qu’ordonné au début de la pandémie pour ne pas pénaliser l’économie, et selon Giuseppe Conte, "pour affronter plus sereinement la Noël" à condition de suivre les règles. Le Premier ministre ose cette promesse : "D'ici décembre, les premiers vaccins seront administrés aux personnes les plus fragiles".

Si l'horeca doit baisser volet à 18 heures, il peut rester ouvert le weekend et l'essentiel des autres commerces échappent à la fermeture. Les centres commerciaux restent par exemple ouverts. Les restaurants des hôtels peuvent aussi continuer à fonctionner sans limitation d'horaire, comme en Belgique, de même que les établissements offrant des repas à emporter.

Le décret du gouvernement invite aussi la population à limiter ses contacts à domicile extérieurs à la famille. A l’école, l’enseignement secondaire doit être aux trois quarts dispensé en ligne pour limiter le nombre d’élèves dans les établissements scolaires. Les rues et places pourront être fermées dès 21 heures pour éviter les rassemblements.

Le gouvernement italien réagit aux plus de 21.000 nouveaux cas de coronavirus enregistrés lors des 24 dernières heures, un record national, avec en outre 128 décès. Des chiffres encore en augmentation par rapport à la journée de samedi. Au total, plus de 500.000 cas d’infection et 37.000 décès ont été enregistrés en Italie, premier pays européen à avoir été frappé par la pandémie.

La Lombardie reste la région la plus frappée, mais la Campanie et le Piémont sont également très touchés, suivis par la Toscane et le Latium. Les hôpitaux jugent la situation "très grave et absolument critique".

Après la Lombardie, la Latium et la Campanie, le Piémont et la Sicile imposeront dans la semaine qui vient à leur tour le couvre-feu, et d’autres régions pourraient faire de même.

Affrontements à Rome entre police et extrême droite

Des dizaines de manifestants d’extrême droite protestant contre le couvre-feu ont affronté les forces de l’ordre antiémeute dans la nuit de samedi à dimanche dans le centre de Rome.

Quelque 200 militants masqués du groupe néofasciste Forza Nuova ont lancé des projectiles vers la police et incendié des poubelles.

Les manifestants, sur la Piazza del Popolo, lieu traditionnel des rassemblements de l’extrême droite dans le centre historique de la capitale, ont attendu jusqu’à minuit pour déclencher des feux d’artifice, mettre des cagoules et lancer des fusées et des pétards sur la police.

Sept protestataires ont été interpellés, et deux policiers ont été blessés, selon La Repubblica.

A Naples, des incidents avaient déjà éclaté la nuit précédente, lorsque des jeunes s’opposant au couvre-feu avaient affronté les forces de l’ordre. Des appels sur les réseaux sociaux ont exhorté les Romains à suivre l’exemple des Napolitains et défier le couvre-feu en vigueur de minuit à 5h00 dans la capitale.

Avec le virus qui se propage, le réseau des hôpitaux de Naples est proche de la saturation, et ce qui inquiète c’est la concentration de la population dans cette ville de 4 millions d’habitants.

Face aux manifestations, le gouverneur a fait marche arrière, le confinement est reporté, mais le couvre-feu est maintenu. Comme dans tout le reste d’Italie, les restaurants et les bars devront fermer à 18 heures.

Mais les aides économiques manquent dans cette ville ou le travail au noir permet à toute une partie de la population de survivre, la criminalité organisée elle, se frotte les mains.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK