Italie: verdict pour les scientifiques mis en cause dans L'Aquila

Les dégâts du tremblement de terre de L'Aquila
Les dégâts du tremblement de terre de L'Aquila - © ANDREAS SOLARO (AFP)

Le 6 avril 2009, un tremblement de terre dévastait la ville de L'Aquila, dans les Abruzzes en Italie. 309 morts et des dégâts considérables. Un procès se tient depuis quelques semaines, plus de trois ans plus tard. Le verdict devrait tomber ce lundi: sept scientifiques seront fixés sur leur sort, une première dans l'histoire des catastrophes naturelles.

Si la terre tremble, c'est la faute à .... Non, cette colère de la terre n'est imputable à personne.

En revanche, la terre aurait prévenu et les scientifiques seraient restés sourds. Et c'est pour cela qu'ils passent en justice.

Tout commence à la mi-mars: un technicien au laboratoire souterrain du Gran Sasso alerte les médias. Trop de radon s'échappe, un séisme est imminent.

Les autorités s'inquiètent, tout comme la population.

Le technicien est accusé de tous les maux. Il n'est pas scientifique, disent les scientifiques.

Pourtant, cela mène à une réunion à L'Aquila de la Commission italienne "grands risques": cinq scientifiques, et non des moindres, plus deux représentants de la protection civile.

Le discours est rassurant le 31 mars et pourtant, le 6 avril, rien n'était prêt: 15 pompiers de service, aucun édifice fragilisé par d'autres secousses évacué et pourtant l'état d'urgence avait été décrété par le maire.

Les habitants demandent des comptes aux scientifiques

Tout comme la justice qui les poursuit pour homicide involontaire. Quatre ans de prison ont été requis.

Il n'est pas question de demander à la science de tout prévoir mais, au moins, elle aurait pu prévoir d'alerter.

Mais les scientifiques se demandent pourquoi aucun maire, aucun président de région ou de province ne se trouve devant la justice

La prévention, c'est leur problème. Et là ce n'est plus une science.

Michel Lagase

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