Italie: un vote crucial dans un pays frappé par la récession

A 18H00 GMT, 44,26% des 47 millions d'Italiens appelés aux urnes avaient voté, un taux en légère baisse par rapport aux précédentes élections en 2008 à la même heure (46,66%), selon des estimations du ministère de l'Intérieur. Le vote se poursuit jusqu'à 21H00 GMT, puis lundi de 06H00 GMT à 14H00 GMT.

Quatre grandes coalitions s'affrontent: l'une, centriste, menée par le chef du gouvernement sortant Mario Monti, l'autre par son prédecesseur (centre-droit) Silvio Berlusconi, la troisième par le leader de la gauche Pier Luigi Bersani et enfin le trublion de la vie politique italienne, l'ex-comique Beppe Grillo.

Selon les derniers sondages, le Parti démocrate de Pier Luigi Bersani part gagnant avec près de 34% des intentions de vote, suivi du PDL de M. Berlusconi (30%). L'ex-comique et son Mouvement 5 étoiles (M5S) raflerait 17% des voix et le Professore entre 10 et 12%.

Mais la principale question porte sur la stabilité du futur gouvernement. Si Pier Luigi Bersani semble assuré d'emporter la majorité à la Chambre des députés (où une seule voix de plus lui assure la majorité absolue des sièges), la situation est plus complexe au Sénat où tout dépend du poids des coalitions dans chacune des régions.

Tout se joue dans quelques régions clés, notamment dans la riche Lombardie qu'un politologue italien, Roberto d'Alimonte, a dépeint comme un "mélange entre l'Ohio et la Californie" pour son rôle-clé dans la future majorité parlementaire et pour son poids électoral.

L'austérité déterminante

Silvio Berlusconi, parti sous les huées en novembre 2011 en laissant une Italie au bord de l'asphyxie financière, a effectué une remontée spectaculaire dans les sondages, promettant non seulement de baisser les impôts mais de rembourser ceux payés l'an dernier... Il a réussi à talonner le leader de la gauche, jugé peu charismatique.

Beppe Grillo, dont les meetings à travers toute le pays ont rassemblé de véritables marées humaines, catalyse la rage d'Italiens victimes du chômage et de la récession.

Quant à Mario Monti, désigné à la tête du gouvernement par le président de la république pour sauver l'Italie de la faillite, sans jamais avoir été élu, il pâtit des conséquences de sa sévère cure d'austérité qui a enfoncé le pays dans la récession.

Le pire scénario serait que l'Italie se retrouve au soir du 25 février avec une majorité différente à la Chambre et au Sénat, alors que les deux assemblées ont le même poids en Italie.

Cette hypothèse d'ingouvernabilité inquiète les marchés et partenaires de Rome, alors que la troisième économie de la zone euro très endettée ne voit pas le bout du tunnel.

Mais les politologues jugent plus probable une alliance de raison entre la gauche et le centre de Mario Monti qui pourrait, en fonction de son score, entrer au gouvernement comme ministre de l'Economie ou obtenir la présidence du Sénat.

Selon les experts, 10% des électeurs sont encore indécis à la veille du scrutin. S'y ajoutent 20% qui n'iront pas voter.

AFP

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