Italie: Silvio Berlusconi, soupçonné d'achat d'un élu, bientôt jugé ?

Silvio Berlusconi est menacé d'un nouveau procès
Silvio Berlusconi est menacé d'un nouveau procès - © AFP PHOTO / OLIVIER MORIN

Le parquet de Naples a demandé lundi le renvoi en justice immédiat de Silvio Berlusconi, soupçonnant l'ex-chef du gouvernement italien de corruption pour avoir "acheté" il y a plusieurs années un sénateur de l'opposition.

En droit italien, la procédure accélérée de jugement immédiat peut être demandée par le ministère public quand la preuve du délit est considérée comme "évidente".

L'affaire remonte aux élections législatives de 2006, remportées de justesse par la coalition hétéroclite de gauche dirigée par Romano Prodi qui n'avait qu'une poignée de voix de plus que Silvio Berlusconi au Sénat.

Quelques mois à peine après les élections, Sergio De Gregorio, l'un des sénateurs élu dans l'un des partis de la coalition de Romano Prodi, quitte son camp passant avec armes et bagages chez Silvio Berlusconi. Rendant encore plus fragile la majorité qui soutenait Romano Prodi, il a accéléré la chute du gouvernement de gauche qui jetta l'éponge en 2008, moins de deux ans après le scrutin.

Selon le parquet, le Cavaliere a versé trois millions d'euros, dont deux en espèces, à Sergio De Gregorio pour le débaucher, et ce dernier l'a reconnu devant des magistrats et même dans la presse.

L'enquête est de la compétence du parquet de Naples (sud) car Sergio De Gregorio a été élu dans cette circonscription.

Le Cavaliere a été accusé à plusieurs reprises par ses adversaires politiques d'avoir acheté des voix ou des élus, mais c'est la première fois qu'il se retrouve officiellement accusé pour un cas concret de corruption d'un homme politique.

La procédure de jugement immédiat prévoit que le dossier passe au juge des audiences préliminaires qui décide dans un laps de temps assez bref, une dizaine de jours maximum, s'il l'accepte ou non.

S'il l'accepte, toute la phase des audiences préliminaires qui doit en principe décider du renvoi en justice ou non d'un inculpé et qui peut durer plus d'un an, est évitée et l'on passe directement au procès. En cas de refus le parquet peut toujours opter pour la procédure ordinaire.

Silvio Berlusconi, incapable d'assister à ses procès ?

Parallèlement, un tribunal de Milan a ordonné lundi un contrôle médical afin de vérifier si l'ex-chef du gouvernement est réellement dans l'impossibilité de participer pour des raisons de santé au procès Rubygate dans lequel il est accusé de prostitution de mineure et abus de pouvoir.

Les résultats de ce contrôle devraient être connus dans les toutes prochaines heures. Sa défense avait demandé un report de l'audience de ce jour au cours de laquelle le parquet devait terminer son réquisitoire et énoncer la peine qu'il réclame contre le Cavaliere, au motif qu'il doit rester hospitalisé pour se soigner. S

ilvio Berlusconi, 76 ans, se trouve dans un hôpital de Milan depuis vendredi à cause d'une uvéite, une inflammation d'une partie de l'oeil, devenue selon sa défense particulièrement douloureuse et gênante. Il souffrirait en outre d'hypertension, selon ses médecins traitants.

Le tribunal avait accepté vendredi une demande de report du procès présentée par la défense de Silvio Berlusconi, fixant à ce lundi la fin du réquisitoire.

Dans un autre procès, Mediaset, dans lequel Silvio Berlusconi est accusé de fraude fiscale et qui s'est déroulé le lendemain, samedi, un autre tribunal avait en revanche rejeté la demande de report de sa défense. Les magistrats avaient décidé eux aussi un contrôle médical de l'ex-chef du gouvernement et les experts mandatés ont conclu que Silvio Berlusconi souffrait de cette inflammation mais qu'elle n'était pas de nature à l'empêcher de participer au procès.

Dans le procès Rubygate, qui a débuté en avril 2011, Silvio Berlusconi est accusé d'avoir rémunéré en 2010 une dizaine de prestations sexuelles d'une jeune Marocaine, Karima El Mahroug, surnommée "Ruby la voleuse de coeurs", mineure à l'époque, un délit puni par la prison en Italie.

Le Cavaliere risque jusqu'à trois ans de prison pour prostitution de mineure et douze ans pour abus de pouvoir, car il est en outre accusé d'avoir fait pression sur la préfecture de police de Milan pour qu'elle libère Ruby, interpellée pour un larcin en mai 2010.

Avec agences

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