Italie: "Si Matteo Renzi échoue, il ouvre une voie royale à Berlusconi"

Giuseppe Santoliquido
Giuseppe Santoliquido - © RTBF

En Italie, le jeune maire de Florence et leader du parti démocrate, de gauche, Matteo Renzi, 39 ans, a été chargé de former un gouvernement par le président Napolitano. Giuseppe Santoliquido, politologue, revenait dans Matin Première sur sa personnalité et les défis qui l’attendent.

Matteo Renzi est arrivé en décembre à la tête du PD, il a fait tomber le chef du gouvernement Enrico Letta, ex-numéro deux de son propre parti, à peine deux mois plus tard, le 13 février. Peut-on le comparer à un Silvio Berlusconi ? "On a affaire à un phénomène qui s’approche de Berlusconi, dans une mouvance sarkozyste, c’est une énergie, une volonté, un charisme. Mais au service de quoi et de quelle politique précise ? Ça, ça reste à découvrir, c’est extrêmement vague", précise Giuseppe Santoliquido. "C’est quelqu’un qui va aller dans les émission people, sans aucun tabou, prêt à s’adonner à cette politique-spectacle".

N’est-il pas un brin populiste ? Oui, répond le politologue, "c’est quelqu’un qui s’exprime par slogan, s’adresse directement au peuple. Il n’a pas un rapport pleinement politique avec la base de son parti. Le Parlement est à ses yeux un détail".

Pour Giuseppe Santoliquido, "son succès s’explique par une rupture (‘Cassons les anciennes générations’), il est une sorte de vote de contestation au sein même du parti. Dans une classe politique sclérosée, grise, il apparaît comme une sorte de renouveau plein de charisme et de volonté".

Matteo Renzi a annoncé tout un calendrier de réformes. Mais pour l’invité de Matin Première, c’est avant tout de la communication. "Est-ce que ça peut déboucher sur une concrétisation ? Les rapports de force politique et institutionnel sont les mêmes, il reste prisonnier des mêmes alliés qu’Enrico Letta, d’Angelino Alfano, ancien allié de Berlusconi".

Cependant, pour le politologue, il devra essayer de faire ce qu’il dit, car "il met en jeu sa carrière. S’il ne fait pas ce qu’il annonce, sa carrière et menacée et le parti démocrate ouvre une voie royale à Silvio Berlusconi".

D’autant, précise Giuseppe Santoliquido, que l’Italie va mal. "Il y a une légère croissance. Mais les retombées ne sont pas près d’être perçues par les Italiens. Le chômage est à plus de 50% pour les moins de 35 ans et 100 000 Italiens ont quitté l’Italie l’année passée. La situation est catastrophique. On parle de la plus grave crise de l’après-guerre".

Réécoutez l’interview complète ci-dessous :

J.C.

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