Italie: quand Salvini appelle au rassemblement des souverainistes

Italie: Quand Salvini appelle au rassemblement des souverainistes
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Italie: Quand Salvini appelle au rassemblement des souverainistes - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

Le chef de la Ligue (extrême droite italienne) Matteo Salvini veut unir les partis européens souverainistes pour partir à la conquête de l’Union européenne.

L’objectif est de faire du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent déjà la Ligue, le RN, le FPÖ autrichien ou encore le Vlaams Belang flamand, la troisième force du Parlement européen. « Ceux qui se taisent sont complices. Écrivons l’histoire ensemble ! », voilà ce qu’on peut lire sur l’une des affiches du chef de la Ligue italienne.

Mission délicate

Principale alliée de Matteo Salvini, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN) en France. C’est avec elle que le bouillonnant et très médiatique Salvini espère fédérer une alliance de douze partis nationalistes et identitaires, même si les positions divergent sur de nombreux points essentiellement la discipline budgétaire ou la répartition des migrants déjà présents dans l’UE mais aussi sur le rapport à entretenir avec la Russie (Mme Le Pen et M. Salvini sont proches de Moscou alors que les partis nationalistes des anciens pays communistes y sont allergiques.)

Pour Sven Giegold, une des deux têtes de liste des Verts allemands, une alliance entre Matteo Salvini et George Meuthen, un dirigeant de l’AfD allemande également présent à Milan, est « totalement impossible ». « Salvini veut, par exemple, une redistribution des réfugiés en Europe, Meuthen ne veut accueillir aucun réfugié. En outre, Meuthen ne veut pas donner un seul centime à l’Europe du Sud », a expliqué M. Giegold à l’agence AGI.

Certaines formations refusent aussi d’être associées au nom « Le Pen » après les affaires des emplois fictifs ou les dérapages de l’ancien président du FN Jean-Marie Le Pen.

Matteo Salvini, qui est aussi vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur italien, a multiplié ces dernières semaines les réunions électorales, appelant sans relâche ses électeurs à la mobilisation.

« Donnez-nous un coup de main pour devenir le premier parti en Europe, pour reprendre les clés de notre maison. Les élections européennes sont un référendum entre la vie et la mort, entre le passé et l’avenir, entre une Europe libre et un Etat islamique basé sur la peur », a-t-il lancé, qualifiant par avance les abstentionnistes de « complices des Merkel, Macron et Soros ».

« L’Europe n’est forte que de nations fortes »

Marine Le Pen, comme Matteo Salvini, prône une « Europe des nations et des coopérations » plutôt qu’une Union européenne fédéraliste. Un message qui séduit. Des milliers de partisans de la Ligue sont attendus samedi pour un cortège devant rallier la place du Duomo, la célèbre cathédrale de Milan. C’est sur cette place que les leaders souverainistes européens prendront la parole. Matteo Salvini, Marine Le Pen ou encore le néerlandais Geert Wilders, chef du PVV néerlandais s’exprimeront à partir de 16h30.

D’autres partis, plus petits et dont certains ne sont pas sûrs d’obtenir des sièges, comme le bulgare Volya où le slovaque Sme Rodina crédité d’un élu, feront aussi le déplacement dans la capitale lombarde, qui accueillera le même jour une manifestation antifasciste.

De grands absents

Plusieurs « ténors de l’extrême-droite » brilleront par leur absence. Le Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban, qui a promis à M. Salvini d’engager une « coopération » après les élections mais refuse toute alliance avec Mme Le Pen, ainsi que le PiS polonais, en dépit d’un déplacement de M. Salvini à Varsovie en janvier.

L’eurodéputé Harald Vilimsky, tête de liste du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) pour les européennes, a annulé sa venue en pleine tempête dans son pays, mais sera remplacé par l’eurodéputé Georg Mayer.

 

Moins d’immigration

Le chef de la Ligue a lancé un appel le 8 avril à unir les « forces patriotiques et conservatrices » en vue d’une Europe avec « moins d’immigration » et s’attaquant « au terrorisme et à l’islamisation ». Il est parvenu à convaincre l’AfD, pourtant en désaccord avec le protectionnisme du RN, et à débaucher deux petits partis scandinaves du groupe conservateur CRE, le Parti du peuple danois, et les Vrais Finlandais.

Marine Le Pen a, elle, sillonné l’Europe pour soutenir d’autres petites formations alliées qui n’ont pas encore d’élus (Volya, SPD, Sme Rodina, Ekre).

« Le supergroupe, il existera avec ou sans M. Orban, même si ça aurait une cohérence », assure Mme Le Pen.

En France, selon un récent sondage, 62% des Français considèrent comme une « mauvaise nouvelle » l’idée d’une coalition RN-Ligue.

La Ligue, elle, devrait entrer en force au Parlement européen, avec 26 eurodéputés selon les dernières prévisions, soit 20 de plus qu’actuellement, aux côtés du RN (20 élus, +5) et de l’AfD allemande (11 élus, +10).

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