Italie: les communes prospères du nord gangrenées par la mafia

"Un choix de prime abord surprenant pour l'opinion public qui considère Milan et sa Bourse comme la place financière par excellence et qui s'attend donc naturellement à y voir le transfert des clans", révèle l'Observatoire dans son rapport intitulé "Mafia dans le Nord".
Pourtant, du fait de leur faible concentration policière et d'un manque de formation spécialisée des autorités en place pour lutter contre cette forme de criminalité, les petites communes se sont imposées ces dernières années comme une évidence pour la mafia. "La possibilité accrue d'accéder au conseil municipal - le nombre de voix nécessaires pour siéger étant réduit - constitue également un atout de choix", explique la publication.


"Les dernières enquêtes policières ont démontré que le système politico-institutionnel était de plus en plus perméable aux infiltrations mafieuses, tout comme le monde de l'entreprise avec lequel existe une grande collusion et où la loi du silence règne aussi", détaille l'Observatoire.

Autour de Turin, Parme ou encore Trieste, la mafia calabraise 'Ndrangheta, principale organisation criminelle italienne, notamment du fait de son rôle de tout premier plan dans le trafic mondial de cocaïne, développe ainsi son réseau "en monopolisant les secteurs clés de l'économie locale et en influençant les
autorités".

Colonisation

Souvent articulée autour de liens de sang, elle s'illustre particulièrement dans cette invasion criminelle du nord de l'Italie, avec la mise en place d'une immigration programmée, sorte de "colonisation", de ressortissants calabrais, selon le journal La Stampa. De nombreuses localités lombardes, région la plus touchée par le phénomène selon l'étude, ont ainsi vu leur population s'accroître ces dernières années, comme en atteste le cas de la ville de Buccinasco, dans la province de Milan, passée de 10 000 à 27 000 habitants en un peu moins de trente ans. 

Ces révélations interviennent quelques jours après l'annonce par le président du Conseil italien, Matteo Renzi, de sa volonté de renforcer la lutte contre la corruption à la suite de plusieurs scandales (chantier de l'Exposition Universelle à Milan et du système Moïse de digues à Venise) ayant émaillé l'actualité italienne ces dernières semaines.

AFP

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