Italie: le traitement des candidats à l'immigration nourrit la polémique

Des immigrants à l’intérieur d’un “Temporary Permanence Centre" (CPT) à Lampedusa en octobre dernier.
Des immigrants à l’intérieur d’un “Temporary Permanence Centre" (CPT) à Lampedusa en octobre dernier. - © ROBERTO SALOMONE - IMAGEGLOBE

Après les images du centre d'accueil de Lampedusa la semaine dernière, la politique d'asile bancale de l’Italie est illustrée par l'action spectaculaire de quatre immigrés qui se sont cousu les lèvres

Cela s’est passé dans un centre d'accueil de la banlieue de Rome qui accueille une centaine de clandestins. C'est là qu'ils attendent une hypothétique décision, et là aussi que les conditions sont délicates.

Se coudre la bouche pour dénoncer le silence

Quatre immigrés originaires du Maghreb ont voulu réagir aux images venues de Lampedusa. Ils entendaient aussi dénoncer leur situation dans ce centre de Ponte Galleria qui a déjà connu en février dernier de véritables émeutes.

Ces immigrés ont décidé de se coudre la bouche pour dénoncer le silence. Ils ont laissé un petit espace libre pour pouvoir boire et fumer. L'un d'entre eux doit théoriquement être rapatrié demain, mais tous sont en attente d'expulsion après avoir séjourné en prison.

"Considérés comme des criminels de guerre"

Le maire de Rome, Ignazio Marino, a réagi en dénonçant la manière dont l'Italie traite ceux qui fuient les guerres ou la famine. Le maire de gauche estime qu'ils sont considérés comme des criminels de guerre et qu’il faut revoir la loi qui date du deuxième gouvernement Berlusconi. Cette loi nommée Bossi Fini promettait un durcissement des conditions d'accueil et avait mis en place les centres de rétention. Elle avait encore été durcie en 2009 avec l'introduction du délit d'immigration clandestine passible de la prison.

Michel Lagase

 

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