Italie: le ministre Matteo Salvini lance une Opération "Plages en sécurité" contre les migrants 

Le tour de vis contre les immigrés est le refrain de l'été de Matteo Salvini, ministre  italien de l'Intérieur
Le tour de vis contre les immigrés est le refrain de l'été de Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur - © VASILY MAXIMOV - AFP

En Italie, le tour de vis contre les immigrés est le refrain de l'été de Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur. Il a dégagé près de 3 millions d’euros pour une opération appelée "plages en sécurité". Il ne veut plus voir de vendeur à la sauvette arpenter le front de mer.

Contrairement aux gendarmes de Saint Tropez, ce ne sont pas les nudistes que les policiers italiens traquent cet été sur les plages de la péninsule. Ainsi à Riccione, l'inspecteur Silvagni et ses hommes en bermuda et polo blanc sillonnent les 10 km de plages pour trouver les immigrés qui vendent des chapeaux et autres serviettes de bain.

La mission de l’inspecteur Stefano Silvagni de la police municipale de Riccione est précise : "Nous cherchons à  contrôler et à surveiller toute la  zone de la plage, sur 10 km,  pour éviter que les vendeurs ambulants et toute autre forme de criminalité ne viennent perturber les vacanciers sur la plage".

7000 euros d’amende pour le touriste impliqué

Trois policiers en uniformes, cinq autres en maillots de bains, infiltrés parmi les vacanciers, et le tour est joué. Un homme du Bengladesh vient d'être arrêté alors qu’il tentait de vendre des paréos sous les parasols. Il avait déjà échappé à une rafle le jour précédent. Toute sa marchandise sera séquestrée, et l'homme recevra un ordre de quitter le territoire.

Sur le papier, la loi prévoit aussi une amende, qui peut atteindre 7000 euros pour les touristes qui achètent à ces vendeurs ambulants. Même si punir la main qui vous nourrit est toujours délicat, reconnaît le commandant Marrulo de la police de Riccione. "En réalité, lorsque nous intervenons, tous les vendeurs illégaux font la même chose, ils tentent de s'échapper pour éviter d'être arrêtés. Voilà pourquoi notre attention ne se concentre pas sur l'acheteur mais sur le vendeur."

Le combat de l'été du ministre de l'Intérieur

Matteo Salvini  a fait de cette opération "Plages en sécurité" son combat  de l'été. Habitué du littoral adriatique, le ministre et chef de la Ligue affirme avoir mené un sondage sur la plage, et les Italiens sont d'accord avec lui. Ce que confirme une touriste sur la plage "sous contrôle" : "Selon moi, c'est une bonne chose. Souvent ils insistent trop et sont vraiment agaçants". Analyse plus critique d’un autre estivalier : "Derrière eux (les vendeurs),  il y a des organisations. Ce serait peut-être mieux de s'attaquer à cela plutôt qu'à ces pauvres malheureux qui ne cherchent en fait qu'à survivre".

Alimenter une dérive raciale

La bataille estivale de Matteo Salvini est plus propagandiste qu'utile, dénonce pour sa part Papa Modou Seck, un sénégalais responsable de l'association nationale Outre-Frontières. Selon lui, les immigrés qui vendent sur les plages sont des désespérés qui ont réellement besoin d'aide, et cette campagne ne sert qu'à alimenter une dérive raciale qui prend pied en Italie. "Selon moi , ils (les hommes politiques : ndlr) n'ont plus d'idée concrète. Comme ce gouvernement ne réussit pas à faire repartir le développement économique du pays, le ministre concentre toute sa propagande sur une seule chose. Il veut attirer l'attention de la population italienne uniquement sur l'immigration." Des immigrés qui, lorsqu’ils sont arrêtés, risquent des sanctions de 2000 à 14.000 euros. Des montants que ces gens désespérés et souvent affamés ont bien peu de chance de pouvoir payer.

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