Coronavirus en Italie : la justice va entendre le Premier ministre Giuseppe Conte sur la gestion de l'épidémie

Italie: la justice va entendre Giuseppe Conte sur la gestion de l'épidémie.
Italie: la justice va entendre Giuseppe Conte sur la gestion de l'épidémie. - © HANDOUT - AFP

Le parquet de Bergame, dans le nord de l'Italie, va entendre le chef du gouvernement Giuseppe Conte dans le cadre d'une enquête sur la gestion de l'épidémie de Covid-19 qui a fait plus de 34.000 morts dans la péninsule, ont annoncé mercredi les agences de presse italiennes. Les magistrats, qui pourraient se rendre à Rome pour entendre M. Conte, souhaitent aussi écouter les témoignages des ministres de la Santé, Roberto Speranza, et de l'Intérieur, Luciana Lamorgese, ont ajouté ces mêmes agences.

Selon les sites internet de deux quotidiens italiens, Corriere della Sera et Il Sole-24 Ore, les interrogatoires pourraient commencer dès ce mercredi dans la capitale italienne.

Le parquet de Bergame, ville martyre de la région de Lombardie et épicentre de l'épidémie qui a frappé l'Italie de début février à mai, mène plusieurs enquêtes distinctes liées à cette tragédie. Celle dans laquelle les magistrats souhaitent entendre M. Conte et ses deux ministres concerne les retards dans l'instauration d'une "zone rouge" comprenant deux communes de ce département, Nembro et Alzano Lombardo, particulièrement touchées par le Covid-19. Le gouvernement central et les dirigeants de la Lombardie se rejettent la responsabilité de ce retard, qui a eu un impact dramatique avec la saturation du système sanitaire, la hausse de la mortalité et la progression du nouveau coronavirus dans cette région.

Cette enquête est distincte du recours collectif introduit mercredi matin, également à Bergame, avec le dépôt auprès du parquet local d'une cinquantaine de plaintes par des proches de victimes du virus. 

Les premières "zones rouges" en Italie ont été établies fin février sur décision du gouvernement à Rome et ont concerné une dizaine de municipalités en Lombardie, notamment Codogno, la ville du "patient numéro un". Début mars, l'épidémie a continué de se propager, avec deux foyers plus importants, dans les deux communes de Nembro et d'Alzano, dans le département de Bergame.

Le Comité technique et scientifique (CTS), qui conseille le gouvernement de M. Conte, a alors proposé d'y imposer une "zone rouge", jugeant que la situation "s'aggravait dans toute la Lombardie", tandis que l'Institut supérieur de la santé (ISS) préconisait à son tour le lendemain la même mesure dans ces deux communes. Selon le Corriere, M. Conte a une nouvelle fois rencontré ces experts le 6 mars, pour finalement choisir de proclamer le pays entier en "zone rouge", par un décret signé le 7 mars et entré en vigueur le surlendemain, perdant ainsi un temps précieux pour contenir la pandémie.

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